Tournai-Ath-Mouscron

Philippe Bracaval, Christiane Vienne et Luc Tiberghien ont tous été les adversaires politiques d'aujourd'hui d'Alfred Gadenne. Certains ont aussi été le partenaire du CDH mouscronnois et d'Alfred Gadenne.

Philippe Bracaval : "La politique à l'ancienne"

Philippe Bracaval et le MR ont longtemps été dans l'opposition avant de rejoindre la majorité suite au dernier scrutin. Une opposition qui pouvait être dure. "C'est la politique bien sûr. Mais une fois que l'on sortait du conseil, c'était tout. Cela ne nous empêchait pas de boire un verre ensemble. Quand nous sommes entrés dans la majorité, j'ai découvert le bourgmestre sous un autre angle. Un homme d'une immense bonté, d'une immense gentillesse. Il aurait aimé faire plaisir à tout le monde mais il ne pouvait pas le faire bien sûr. Mais ça lui faisait mal au cœur de dire non. Il était très populaire. Présent à tous les La politique à l'ancienne. Très proche des gens. Comme il avait vu faire son père qui avait été bourgmestre de Luingne."

"Et quand il y avait des retards dans les travaux par exemple et que des gens se plaignaient, on le sentait malheureux", poursuit-il, "Il passait des coups de fil pour intervenir. Il vivait ça intensément. Cela le torturait au plus profond de lui-même parce que les gens étaient embêtés."

Et puis, il y a Mouscron. "C'était sa ville. Mouscron, c'était sa vie. Il y était 24 heures sur 24. Du matin au soir. Il allait à tous les enterrements. Ca le rendait malade de ne pas pouvoir aller à un enterrement. Il voulait y être pour soutenir les gens dans leur douleur. Il avait un rayonnement social extraordinaire."

Christiane Vienne : "Sa vie, c'était Mouscron"

Conseillère communale dès 1992, la chef de file PS Christiane Vienne se dit "infiniment triste". "Alfred était un homme profondément gentil et dévoué à Mouscron. Je ne partageais pas toujours ses opinions. Mais sur le plan humain, c'était un homme très bien. Il a donné sa vie à la politique et à Mouscron et il n'aura pas le temps de vivre autre chose. Sa vie, c'était Mouscron. Ça le rendait malade de quitter sa ville. Il a été au parlement parce qu'il a été élu mais on sentait bien parce que lui, c'était Mouscron. Il participait à tous les enterrements, à toute la vie associative de la commune. C'était un homme de terrain, proche des gens dans le quotidien. Un homme politique comme on n'en fait plus."

Christiane Vienne glisse encore : "Jean-Pierre Detremmerie, c'était l'homme de projets ambitieux avec 50 idées à la minute. Damien Yzerbyt a été l'homme des dossiers. Alfred, c'était l'homme de cœur. Alfred a attiré la sympathie parce qu'il était gentil. Parce que les Mouscronnois se retrouvaient en lui dans cette simplicité. Dans cette volonté de bien faire aussi. La violence de sa mort, c'est l'inverse de toute sa vie. Personne ne mérite ça mais lui encore moins que les autres. Il va nous manquer quand même. C'est une page de Mouscron qui se tourne."

Luc Tiberghien : "Un capital sympathie indéniable"

L’Ecolo Luc Tiberghien côtoie Alfred Gadenne au conseil communal depuis la fin des années 1980. Alfred Gadenne était devenu échevin des Travaux après le scrutin de 1984. Le premier auquel il avait participé. « Il était très actif mais on ne l'entendait pas beaucoup. Il y avait surtout Jean-Pierre Detremmerie. Il avait un capital sympathie auprès de la population qui est indéniable. Quand il a pris la fonction de bourgmestre, les premières années ont été difficiles. Il n'y avait pas beaucoup de débat de fond. Il esquivait les questions. Cela changeait de Jean-Pierre Detremmerie. Mais Alfred Gadenne est petit à petit entré dans la fonction. Il maîtrisait de mieux en mieux ses dossiers. Cela me faisait même penser qu'il allait se représenter en 2018. On le sentait motivé à continuer dans cette fonction."