Tournai-Ath-Mouscron Un homme a élu commerce à Antoing puis Vaulx afin de vendre de la drogue

L’excuse devient tellement fréquente qu’elle en est devenue complètement risible. Frédéric, un homme âgé de 26 ans, devait se défendre d’un trafic d’héroïne et de cocaïne qui aura duré un peu plus d’un mois fin de l’année dernière.

L’homme, qui se faisait alors surnommer Toto, arrivait tous les jours en Belgique vers 13 h 30 et vendait ses produits depuis le domicile d’un de ses acheteurs à Antoing, puis à Vaulx. Pour motiver ces ventes, Frédéric invoquait le traditionnel accident de voiture.

"J’ai eu, peu avant les faits, un accident de voiture avec un individu de Roubaix. J’étais assuré, lui pas. J’étais en tort mais il n’a pas voulu faire marcher mon assurance. Il m’a alors ordonné de vendre de l’héroïne et de la cocaïne pour lui. Si je ne lui obéissais pas, il a menacé de s’en prendre à ma famille. Je vendais donc la drogue et je lui remettais l’argent pour rembourser la voiture."

Par amour , sa compagne avait assisté Frédéric, allant même jusqu’à arrêter de travailler pour le suivre.

Deux de ses clients ont ainsi accepté de l’héberger à Antoing dans un premier temps. "C’était mon dealer", avouait Nicolas, 38 ans. "De fil en aiguille, j’ai fini par l’inviter chez moi. Au final, cela me facilitait la vie." L’individu reconnaissait avoir également vendu de temps à autre. "Mais seulement pour dépanner, jamais pour faire du profit."

Frédéric a ensuite installé son commerce chez Miguël à Vaulx. "Je le faisais effectivement venir chez moi car j’étais un de ses clients. Il me fournissait mais jamais je n’ai vendu pour lui."

Le petit manège a ainsi rapidement été démantelé par les hommes de la zone de police du Tournaisis. "L’excuse sortie par Frédéric est devenue classique devant les tribunaux. On peut véritablement la qualifier de bidon" , déclarait le représentant du ministère public.

De lourdes peines étaient requises contre Toto et sa compagne, surnommés le couple diabolique, à savoir 37 mois et deux ans. Dix-huit mois avec sursis probatoire ont également été requis contre les deux hébergeurs et la compagne de l’un d’entre eux.

Me Herpoel, le conseil de Toto, assurait que cette peine était trop sévère. "Surtout qu’on lui réclame en plus la confiscation de 56.000 €…" Un sursis probatoire était requis. Me Gossieaux, l’avocat de sa compagne, sollicitait la suspension du prononcé à l’instar du conseil de l’hébergeur d’Antoing. L’acquittement était enfin sollicité pour l’hébergeur de Vaulx.

M. Del.