Tournai-Ath-Mouscron Un homme, en situation de séjour illégal, était suspecté d’avoir commis plusieurs vols.

Aidé par un interprète, c’est un prévenu assez spécial qui comparaissait ce lundi après-midi à la barre du tribunal correctionnel de Tournai.

En effet, Sergiy N., actuellement incarcéré, est originaire d’Ukraine et il faisait opposition à un jugement prononcé le 13 septembre 2016. Il avait alors été condamné à une peine de six mois d’emprisonnement suite à quatre faits de vol commis au préjudice du magasin Colruyt à Ath, tous commis en novembre 2014, ainsi qu’à trois mois de prison suite à sa situation de séjour illégal.

À chaque fois, ce sont des bouteilles de whisky ou de champagne qui avaient été dérobées. "Je me souviens bien avoir commis un vol, le 26 novembre 2014. J’avais bu et j’avais alors emporté plusieurs bouteilles. Je n’ai aucun souvenir pour le reste." Pour les trois faits précédents, les responsables du magasin ciblé avaient expliqué que les vols avaient été commis par une personne ressemblant au prévenu.

Ce dernier expliquait alors au tribunal ses passages en Belgique. "Je viens une fois par an en Belgique lors de mes congés pour acheter un véhicule. C’est moins cher ici qu’en Ukraine. Là-bas, je suis militaire. Je demande d’ailleurs la clémence du tribunal car si je reste encore longtemps en prison, on va me prendre pour un déserteur…"

Son avocat, Me Hainaut, expliquait que rien ne pouvait certifier que son client était l’auteur des trois autres vols.

"Via la vidéosurveillance, la seule pièce du dossier, on le voit dans le magasin. Mais à aucun moment, on ne voit mon client mettre des bouteilles sous son manteau ou passer les caisses sans payer. Pour ces trois faits, le ministère public n’est donc pas en mesure de conclure au vol. Pour le reste, je demande l’application la plus modérée de la loi pénale. Mon client veut rentrer en Ukraine auprès de sa famille et a l’objectif, je l’espère, de ne plus revenir en Belgique."

Le représentant du ministère public, M. Christian Parent, n’était de son côté pas du même avis. "C’est un beau roman, une belle histoire mais nous n’avons aucune preuve de ce que raconte le prévenu. On pourrait être tenté de le croire par empathie mais au niveau judiciaire, nous sommes tenus à la rigueur la plus stricte. Le prévenu doit comprendre que son comportement doit prendre fin. La Belgique n’est pas un supermarché où l’on peut se servir gratuitement."