Tournai-Ath-Mouscron

La fille de José, un homme originaire de Belœil âgé de la quarantaine, se souviendra certainement longtemps du 6 mars dernier. 

En effet, après une altercation verbale, puis physique, la jeune fille âgée de 15 ans a fait appel aux forces de l’ordre.

Une scène qui aura donc conduit son père à la barre du tribunal correctionnel ce lundi après-midi. Le prévenu nuançait alors ses actes. "Je ne conteste pas les coups, mais ils étaient involontaires", expliquait-il. "Elle est venue vers moi, j’ai voulu la repousser en l’attrapant par les mains. Cela lui a juste occasionné une foulure et ne l’a pas empêché d’aller à l’école."

Si le père avouait que la relation avec sa fille se déroulait plus ou moins bien actuellement, il évoquait ses problèmes avec la boisson. "J’étais ivre au moment des faits. J’ai depuis pris conscience de ce problème et je me fais suivre." Un problème qui était également évoqué par le représentant du ministère public.

"Les faits sont donc établis. Ce gros problème d’alcool doit être traité. On ne compte pas les fois où le prévenu a été pris au volant alors qu’il était alcoolisé. Le mettre en prison n’est, à mon sens, pas nécessaire au contraire d’une suspension probatoire."

Du côté de la défense, l’acquittement était plaidé pour la plus grande surprise du tribunal. "Mon client est poursuivi de prévention de coups et blessures ayant causé une incapacité temporaire de travail, ce qui n’a pas été le cas. À défaut, je sollicite la suspension simple du prononcé."

Le représentant du ministère se voulait alors plus sévère. "Si l’incapacité n’est pas établie, les coups, eux, le sont bien. Il n’y a donc pas lieu d’acquitter le prévenu. Cette défense me laisse pantois. J’ai souhaité tendre une perche au prévenu en proposant cette suspension probatoire pour l’encadrer dans son problème avec l’alcool, mais il n’en est finalement rien. Je vais donc changer mes réquisitions et demander cette fois quatre mois de prison ferme."

Face à cette fermeté, la suspension probatoire a finalement été requise par l’avocat du prévenu.