Tournai-Ath-Mouscron Propulsée bourgmestre, Brigitte Aubert a un an pour convaincre. Mouscron va bien, mais il n’y a pas de quoi se reposer

Tout d’abord diplômée comme infirmière en pédiatrie, Brigitte Aubert (CDH) a rejoint Mouscron en 1985. Vice-présidente du CPAS en 2000, elle accède par la suite, en 2006, au poste d’échevine aux affaires sociales et à la santé. En 2012, elle élargit ses fonctions à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire avant d’être propulsée bourgmestre en septembre 2017 suite à la disparition tragique d’Alfred Gadenne.

Comment va Mouscron ?

"La cité des Hurlus se porte bien. Il y a eu des moments difficiles. La crise financière d’il y a presque dix ans a aussi touché Mouscron, mais il y a une remontée. On ressent cela dans le domaine économique, il y a des entreprises qui veulent s’étendre et d’autres qui souhaitent s’implanter et créer de l’emploi. Au niveau de notre commune, tout est sur les rails du point de vue budgétaire."

Est-il difficile de ne pas revenir sur Alfred Gadenne ?

"Oui, nous avons été beaucoup touchés, à plusieurs niveaux. On continue à travailler dans le même sens, qui est aussi celui de Damien Yzerbyt. J’ai hérité subitement du brassard de capitaine."

Un peu de fiction politique : et si Brigitte Aubert n’était bourgmestre qu’un an ?

"Pourquoi pas ? C’est clair que j’espère en tout cas pouvoir continuer l’année prochaine. Mais c’est à la population de juger cette année qui est difficile pour moi. J’essaierai de montrer de quoi je suis capable et que je peux assumer ce poste, même pour les années à venir. Les conditions pour accéder à ce poste n’ont pas été faciles, et j’ai mon examen dans un an. Ce sera le peuple qui jugera."

L’avenir de Mouscron est dans le centre-ville ou en périphérie ?

"Partout ! On doit redynamiser notre centre-ville et l’on aura bientôt une Grand-Place métamorphosée. Mais il faut garder une part d’attention pour les villages autour. Les commerces s’en sortent bien à Dottignies. La place a été refaite à Luingne. Des actions ont également été faites à Herseaux. Pour le centre-ville, il y a le vieux problème de l’Éden, mais j’y travaille. Il n’y a pas que le politique qui peut y agir, c’est aussi aux propriétaires de faire des efforts, il faut également que les investisseurs nous suivent. Tous ensemble, on pourra y arriver."

À propos des villages, qu’en est-il du Mont-à-Leux ?

"On va réhabiliter le quartier. Un beau projet est en cours. On achète des maisons vides, des chancres pour embellir et mieux utiliser les espaces."

Que penser du projet Cora, qui est fort critiqué en ce moment ?

"C’est vrai qu’il est très lent à voir le jour. Le problème de voirie que l’on a eu récemment n’est pas normal pour un mégaprojet de cette envergure. En France, il y a un gros projet en route. Les Bastions, à Tournai, sont en reconstruction ; nous n’avons qu’un gros centre, ce sont les Dauphins. Quand je vois à Estaimpuis le peu de temps qu’a mis le centre commercial Mains et Sabots à émerger... On l’a à peine rêvé, il était là ! Le projet Cora n’est pas de même grandeur, mais cela fait vingt ans que c’est sur la table…"

Certains disent que c’est un projet du passé, qu’en pensez-vous ?

"C’est un peu vrai. Cela a trop traîné, mais ce qui est fait est fait, on ne sait pas revenir en arrière. Je dirais même qu’il est trop lent à se finaliser."

Toujours concernant le commerce, vous ne voulez plus voir de tabac-shops ?

"Les mesures prises commencent à s’observer. On serait passé de 61 à 59 magasins de tabac. Donc, cela fonctionne. C’est un bon travail fait en collaboration avec la police et l’on continue. On veille au grain, car beaucoup ne sont pas en règle. Cela cause de grandes nuisances, on en voit un grand nombre dans les zones frontalières. Et puis, c’est un problème de santé, pour moi qui ne suis pas vraiment fan de tout ce qui concerne le tabac. Chacun son choix, mais ce n’est pas le mien. J’ai même un souhait, c’est qu’il n’y ait pas de tabac en vitrine. Je trouve que c’est aussi à certains propriétaires de faire l’effort."

Sur le plan personnel, qu’est-ce qui vous caractérise ?

"C’est toujours difficile de parler de soi. Je suis une bosseuse, une travailleuse. Je ne compte pas. J’ai aussi besoin de contact avec les gens. La proximité avec les citoyens et leur bien-être, c’est important. Je suis également quelqu’un de positif, je vais vers l’avant. De manière imagée et même réellement, je trouve qu’il faut mettre de la couleur dans nos vies."

A-t-on encore du temps pour l’une ou l’autre de ses passions en tant que bourgmestre ?

"C’est vrai que je bouge souvent, mais dès que j’ai le temps, j’aime être avec ma famille, mon mari et mes enfants, le plus possible. C’est mon meilleur plaisir et ma détente."