Tournai-Ath-Mouscron Sébastien Rousseau utilise depuis peu ses chiens pour débarrasser de ce fléau particuliers et hôteliers

En matière de détection canine, Sébastien Rousseau propose depuis quelques semaines son savoir… flair et celui de ses chiens dans l’éradication des punaises de lit ! Cet insecte minuscule et non volatil constitue un véritable fléau qui, jusqu’ici, touchait essentiellement les pays anglo-saxons.

Mais la bestiole prolifère désormais aussi dans nos contrées, notamment aux Pays-Bas où la situation est difficilement sous contrôle. "Après avoir réalisé une étude de marché, je me suis aperçu que la Belgique ne comptait aucune équipe cynophile spécialisée dans la lutte contre cette problématique sanitaire", confie notre interlocuteur.

Sa société Dog Detect Belgium, qu’il vient de créer pour combler l’offre, se démarque de la concurrence étrangère en ce sens qu’elle privilégie une technique d’éradication à la fois naturelle et infaillible. "Un peu comme pour le rat à qui on administre un poison, la punaise finit par développer une résistance à la panoplie de produits chimiques qui sont commercialisés pour les éliminer. Nous procédons différemment en traitant les pièces contaminées à l’aide du chien pour les localiser avant de les exterminer avec de la vapeur sèche à 120°. Sous une telle température, celles-ci n’ont aucune chance se survivre. L’avantage de cette méthode est qu’il ne faut pas traiter un bâtiment dans sa totalité".

Hermaphrodite , la punaise n’a besoin d’aucun congénère pour se reproduire, ce qui favorise sa prolifération. Parmi les sources de chaleur qu’elle affectionne, épinglons bien sûr la literie mais aussi les plinthes, les parquets, le mobilier et même les ordinateurs !

Se nourrissant de sang humain, la punaise provoque une piqûre qui n’a rien à envier à celle du moustique ou d’une araignée. "Il peut en résulter des plaques et des démangeaisons, voire des allergies très graves susceptibles d’entraîner la mort chez de jeunes enfants piqués à répétition, ou encore un stress nocturne."

Entre 600 h et 1.000 h, c’est le laps de temps qu’il a fallu à Sébastien Rousseaux pour dresser un premier Malinois - dont l’odorat est 10.000 fois supérieur à celui de l’homme - à la détection de ces satanées punaises qui empoisonnent la vie de nombreux particuliers et exploitants de complexes hôteliers.

.L’éleveur de bergers malinois s’est spécialisé dans la détection d’explosifs

Après des études d’hôtellerie, le jeune Brugelettois s’est lancé avec succès dans un tout autre secteur d’activité en plein essor depuis le début de la vague d’attentats terroristes ayant ensanglanté l’Europe.

Éleveur de bergers malinois, Sébastien Rousseau, 32 ans, vient d’achever une formation qui lui permet désormais de travailler dans le domaine passionnant de la détection canine et olfactive.

Avec son associé-instructeur, il dirige aujourd’hui la société France Belgium Detection dont le siège social se situe en France. "Nos chiens appartiennent à plusieurs races et sont entraînés du côté de Binche pour détecter aussi bien des engins explosifs que des produits stupéfiants ou encore de l’armement et des fumigènes", précise Sébastien Rousseau.

Ce dernier est régulièrement sollicité pour sécuriser des événements de part et d’autre de la frontière. À la demande des organisateurs d’un salon dédié à l’agriculture, il s’est récemment rendu à Paris. "Sur place, nous avons dû vérifier chaque stand avant l’arrivée des premiers visiteurs ainsi que tous les véhicules des fournisseurs afin de s’assurer qu’il n’y avait aucun colis piégé."

Notre interlocuteur retournera prochainement dans la capitale française pour le show de la ligue des catcheurs américains à l’hôtel Arena. "Nous avons également reçu des appels d’offre en provenance d’Afrique dans le cadre de la lutte menée là-bas par les douanes contre le trafic de drogue."

Sébastien Rousseau est bien conscient des risques de ce métier qu’il pratique avec passion : "C’est sûr que le maître et son chien sont en première ligne au cas où un colis piégé exploserait dans le périmètre d’intervention. Durant une mission, il faut être concentré à 100 % et en totale connexion énergétique avec l’animal pour répondre à une bonne analyse du danger et parvenir à localiser tout objet suspect !"

À raison d’une fois par mois, Sébastien Rousseau et ses équipes se rendent dans l’Hexagone pour s’exercer sur des explosifs réels car il faut savoir qu’en Belgique, leur détention est interdite, même pour l’entraînement des chiens. "Malgré le climat d’insécurité, notre pays est un peu à la traîne. La police fédérale sous-traite de plus en plus avec des sociétés privées car elle ne dispose que d’une bonne dizaine de chiens."