Tournai-Ath-Mouscron Comme d’autres, une femme a vécu un calvaire chez des individus chez qui elle était amenée à faire le ménage.

"Des faits odieux, affreux, sordides. Un dossier insoutenable."

Sophie Thomas, substitut du procureur du Roi, ne manquait pas de qualificatifs pour nommer l’affaire qui était traitée par le tribunal correctionnel de Tournai ce lundi après-midi.

En effet, trois individus, en détention préventive depuis bientôt dix mois pour une femme et son compagnon, devaient s’expliquer sur des faits de traitements inhumains et dégradants à l’égard de quatre personnes ainsi que pour abus de faiblesse. Le schéma était toujours le même, comme l’expliquait l’avocat des victimes, Me Parret.

"Les prévenus ont repéré des personnes faibles, issues de maisons d’accueil. Ils se sont montrés sympathiques, leur ont proposé le gîte. C’est alors que le piège se renfermait sur les victimes qui devenaient leurs esclaves, leurs distributeurs de billets."

De toutes les victimes, c’est le cas de Laetitia qui semblait le plus interpellant.

En effet, cette dernière devait faire le ménage, comme d’autres avant elle. Si cela était mal fait, elle recevait des coups. Elle aurait été enfermée dans le grenier. Parfois obligée de dormir à côté du chien, de manger ses croquettes. "Comme jeux macabres, elle devait se tenir à genoux sur le manche d’un balai ou tenir des bouteilles d’eau en équilibre et recevait des coups si une d’entre elles tombait", expliquait son avocat.

En outre, le tribunal relevait encore deux scènes. Une première où les individus lui avaient rasé ses cheveux et une seconde où ils lui avaient tatoué un sexe masculin sur son bras. Une peine de cinq ans était requise contre le couple prévenu, trois ans contre le troisième. Me Decramer, conseil de la prévenue, sollicitait l’acquittement.

"Toutes ces personnes que ma cliente a aidées sont parties par la suite chez Emmaüs. Elles ont pu s’entretenir ensemble. Ce n’est pas un hasard si elles tiennent le même discours. En apparence, tout est contre ma cliente, mais cela ne suffit pas dans le droit pénal."

Me Parisse, qui défendait les intérêts du compagnon de la prévenue, tenait le même discours. "Les victimes ne sont pas des personnes qui ne se connaissent pas. De plus, à chaque fois que Laetitia a été entendue, elle déclarait de nouvelles choses. On ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé dans leur maison, mais on en fait une grande exagération."

Notons enfin que l’un des prévenus n’est autre que Léopold le Gitan, jadis suspecté d’être le dépeceur de Mons.