Tournai-Ath-Mouscron Après six ans dans l’opposition, Aurélien Brabant veut dépoussiérer la politique pecquoise

Community a vu le jour grâce aux réunions citoyennes. Au départ du projet, deux conseillers communaux sortants en quête d’un nouvel élan : Philippe Annecour et Aurélien Brabant.

À 31 ans, ce dernier, qui avait récolté le plus de voix de préférences sur la liste Ecolo en 2012, est désormais tête de liste du mouvement Community. "On veut renouveler les cadres, changer les visages. Sur la liste, à part Philippe et moi, les quinze autres personnes sont des néophytes qui n’ont jamais été candidats."

Fort de sa première expérience comme conseiller communal, ce diplômé en marketing et communication se sent désormais les épaules pour relever un défi au sein d’une majorité. "L’opposition, ça a été une bonne école", confesse-t-il.

Mais ces six années n’ont, de loin, pas été un long fleuve tranquille. "On parle souvent de cirque quand on évoque la politique à Pecq. Et c’est vrai qu’à certains moments, on croit assister à un sketch." Le problème pour Aurélien Brabant, c’est que ces couacs ont pris le pas sur les idées. "Et c’est compliqué de se faire entendre quand on joue de la flûte à côté d’un saxophone…"

Au bout d’un moment, c’est le découragement qui pointe le bout de son nez. "Pendant les deux premières années, j’étais gonflé à bloc. Mais ensuite, c’est vrai que j’ai connu un creux. Le pire, c’est d’avoir le sentiment qu’on nous écoute, mais finalement, ça ne bouge pas."

Cependant, démissionner n’a jamais été une option. Et ce, même si représenter Pecq n’a pas été la meilleure des publicités, ces dernières années. "C’est dur", glisse-t-il dans un sourire. "On est tous mis dans le même panier, mais c’est à nous de montrer ce qu’on vaut."

Ses ambitions , Aurélien Brabant ne les cache d’ailleurs pas. "On sait qu’être le premier parti sera compliqué. Mais nous espérons au moins être deuxièmes, pour avoir les cartes en mains au moment des négociations." D’un point de vue personnel, il admet lorgner sur le poste de bourgmestre.

"Je suis numéro 1 sur la liste, donc c’est évident que devenir bourgmestre m’intéresse. J’occuperais d’ailleurs ce poste avec grand plaisir." Si un autre candidat de sa liste fait mieux que lui en termes de voix de préférence, il prévient pouvoir s’effacer sans soucis derrière celui-ci. En cas d’échec du mouvement, par contre, il ne se voit plus rempiler pour un mandat dans l’opposition, quelle que soit la majorité.

"On verra le 14 octobre. Mais si on n’a que deux sièges, par exemple, on ne pourra plus se plaindre de ce qu’il se passe à Pecq. Il y a six ans, on pensait déjà qu’il allait y avoir du changement. Cela n’a pas été le cas", se remémore-t-il.

Un souvenir marquant de ces six années ?

"Voir la majorité se déchirer très rapidement dans la législature, sur le dossier épineux de l’école d’Obigies. Là, j’ai compris que ça allait être une législature très compliquée, où des personnes allaient se mettre des bâtons dans les roues, et sans vraiment de cohésion. Cela m’a marqué d’autant plus qu’à huis clos, ce jour-là, il y eut un vote. La majorité s’est tellement disputée que le PS, Oser et Ecolo allaient voter la même chose. Le bourgmestre, ayant senti que le vent tournait, a levé la séance. C’est un très mauvais souvenir, parce qu’en termes de démocratie, c’est la pire chose que j’ai vue de toute ma vie. Voir qu’au moment où les choses lui échappent, se dire : ‘Moi la démocratie, je m’assois dessus.’ Et finalement, ça avait marché."

"À eux deux, ils ont 150 ans"

Aurélien Brabant l’annonce d’ores et déjà, la porte est fermée aux négociations avec la liste GO. "Si demain, je m’associe avec GO, ça risque de péter entre eux. Ce n’est pas stable au sein même de la liste." Sur celles-ci, on retrouve évidemment les deux ennemis d’antan, Marc D’Haene et André Demortier. "Tous les deux sont des ténors de la politique. Oui, ils ont de l’expérience. Mais à eux deux, ils ont 150 ans." Pour la tête de liste Community, ils ne reflètent pas la politique d’aujourd’hui. "Il faut donner la parole aux citoyens, et c’est possible dans une petite entité comme Pecq."

C’est quoi, la fierté d’être Pecquois ?

"C’est de prendre conscience des richesses qu’il y a à Pecq. Il y a beaucoup de personnes qui se focalisent sur le monde politique de Pecq, et sur les conflits qu’il peut y avoir. Mais il ne faut pas oublier que Pecq c’est Léaucourt. C’est la fête des jeunes d’Obigies. C’est une bibliothèque qui parvient à ramener Marc-Emmanuel Schmitt et Amélie Nothomb. C’est des clubs de foot qui marchent très bien. C’est un endroit où Je cours pour ma forme marche le mieux. Pecq, c’est un vivier de bénévoles qui mènent à bien des projets géniaux : la fête des jeunes, le stock-car, l’exposition d’oiseaux, etc. Il y a vraiment une mobilisation pour le bien-être, pour l’amusement…"