Tournai-Ath-Mouscron

Voilà plus de deux ans, le Groupe d’action locale (Gal) des Plaines de l’Escaut a commencé la grande aventure de l’accueil social à la ferme sur son territoire.

Pratiquer l’accueil social à la ferme, c’est ainsi ouvrir pour un temps précis son lieu de vie à une personne fragilisée afin de se rendre disponible pour partager son activité à la fréquence de quelques heures, d’une demi-journée ou d’une journée entière chaque semaine, chaque quinzaine ou une fois par mois.

La personne accueillie peut être fragilisée par la maladie physique ou psychique, le handicap, sa situation familiale, son parcours de vie, sa situation professionnelle ou la vieillesse. En résumé et avant tout, c’est tisser des liens autour des activités de soins aux animaux, aux plantes, au vivant. Ces personnes peuvent donc s’occuper de différentes tâches manuelles comme pailler, brosser, préparer des rations pour les animaux, nourrir le bétail, planter, entretenir un potager, récolter... "Ces activités sont source de valorisation par le contact avec les animaux et la nature et ses exigences, le rythme des saisons, du travail quotidien, et permettent parfois à la personne accueillie de se découvrir des nouveaux centres d’intérêt", détaille le Gal.

En soutenant l’accueil social, le Gal permet de lever les freins. Le manque de reconnaissance officielle qui entoure encore la pratique a malheureusement pour conséquence l’hésitation des agriculteurs à accepter une personne fragilisée. On peut ainsi observer des bénéfices affectifs et émotionnels chez la personne accueillie par le contact avec l’animal, le sentiment de bien-être qui découle d’une activité physique de travail, etc. L’agriculteur peut, de son côté, élargir le sens de son activité par l’ouverture à d’autres sujets et d’autres réalités, de nouveaux échanges, c’est une valorisation différente de son outil de travail qui devient support à l’insertion.

En juillet 2017, cinq fermes étaient partenaires du projet pilote et étaient reconnues officiellement par le Gal. Depuis quelques jours, cinq nouveaux accueils à la ferme et cinq nouvelles institutions partenaires du projet ont été labellisés. Ainsi, les nouvelles fermes accueil de Jean-Paul Bouillez à Pommerœul, Luc et Carole Amorison à Basècles, Catherine et Pascal Lesplingart à Quevaucamps, Laurence et Xavier Payelle à Braffe et Pierre et Véronique Cossement se joignent à celles de Jacques et Anne-Marie Faux à Wasmes-A-B, Pierre et Véronique Cossement à Barry, Jean et Thérèse Tételain à Beclers, Frédéric et Valérie Dumortier à Bléharies, et Anne et Geert Feys à Quevaucamps.

"Le projet est maintenant à mi-parcours, la satisfaction des personnes accueillies et des accueillants, ainsi que la richesse des échanges qui se déroulent dans l’intimité des fermes nous poussent à croire dans ce projet. Une reconnaissance est maintenant en réflexion au niveau de la Région wallonne. Nul doute que l’accueil social à la ferme a de beaux jours devant lui et pourra perdurer au terme des quatre années du projet", explique-t-on enfin du côté du Gal.