Tournai-Ath-Mouscron Trois jeunes hommes devaient se défendre d’un nouveau trafic au sein du Tournaisis

Le 18 janvier dernier, un agent de la police de la zone du Tournaisis a eu le nez fin en interpellant Philippe (prénom d’emprunt) le long du boulevard des Nerviens à Tournai. En effet, un policier en civil a eu le regard attiré vers cet individu au comportement assez suspect.

L’agent aura donc tapé dans le mille puisque Philippe aura rejoint une autre personne. Un échange s’est alors produit et les deux individus sont enfin partis chacun de leur côté. Sans grande surprise, il s’agissait bien d’un deal de stupéfiant. Le policier est donc passé à l’interpellation de Philippe et une visite domiciliaire a été réalisée chez lui à Antoing.

Lors de l’arrivée des autorités, Jérémy, 28 ans, était déjà présent dans le logement. Ce dernier est de plus loin d’être un inconnu auprès des services de police. Il a déjà été condamné suite à de nombreux faits de stupéfiants et était, ce jour-là, en possession de plus de 4 grammes de cannabis. Entendu par les forces de l’ordre, il a toujours tenu le même discours, à savoir qu’il n’était au courant de rien.

Pour conclure le tout, un troisième larron, Denis, a fait irruption au sein de l’habitation durant la visite domiciliaire. Les trois hommes ont été cités à comparaître devant le tribunal correctionnel de Tournai. Jérémy était alors suspecté d’être le dirigeant de cette association de trafic de cocaïne et de cannabis.

"Comme je l’ai toujours dit, je n’ai absolument rien à voir avec cette histoire", assurait encore Jérémy qui se défendait sans avocat. Une version qui était pourtant contredite par les deux autres prévenus qui le reconnaissaient comme le chef de ce trafic. Le parquet était également convaincu de ce rôle en se basant, notamment, sur la téléphonie.

Face à cette bande, le représentant du ministère public se voulait sévère, notamment à l’encontre de Jérémy. "Il est en état de récidive. Il y a peu, il a été condamné à une peine de dix mois de prison. Vu qu’il n’a visiblement toujours pas compris, je requiers cette fois une peine de 20 mois." Un an était requis à l’encontre de Philippe et neuf mois contre Denis. "Je ne me montre de plus pas opposé à une mesure de sursis probatoire pour ces deux derniers."

Me Danneau défendait les intérêts de Philippe. "Il n’y a pas vraiment de quoi parler d’une association. Ils avaient chacun leur client. Ce qui est sûr, c’est que mon client a besoin d’être bien entouré et surtout cadré. C’est pour cela que je sollicite une peine de probation autonome ou, à défaut, un sursis probatoire."

L’avocat de Denis , Me Rodriguez, s’étendait sur les raisons qui avaient poussé son client à agir de la sorte. "Il avait prêté l’entièreté de ses économies à Jérémy pour qu’il puisse s’acheter une voiture et démarrer un business légal. Il a alors récupéré 700 € puis plus rien. Pour retrouver la totalité de la somme, il lui avait alors proposé de vendre les stupéfiants afin d’en récupérer les bénéfices. Une fois que la somme était remboursée, il devait arrêter. Mon client est extrêmement naïf et faible face aux personnes qui ont de l’autorité, comme ce Jérémy…"

Ce dernier sollicitait d’ailleurs son acquittement. "Dans ce dossier, il n’y a que des on-dit. Je sais que je suis innocent. Je veux continuer ma vie comme depuis que je suis sorti de prison ! J’estime être une personne correcte."