Tournai-Ath-Mouscron Les vacances d’été constituent un moment propice aux prises de tête autour de la garde d’un enfant

Il n’y a pas vraiment d’instant privilégié pour se prendre la tête quand il faut assurer la garde alternée d’un enfant. Enfin, si. Les vacances scolaires, et plus particulièrement les congés d’été, constituent souvent une période particulière, lors de laquelle les tensions augmentent assez régulièrement au sein de l’ex-couple à propos de cette garde.

À Péruwelz, des services gratuits sont mis en place afin d’aider les parents séparés ou divorcés à surmonter leurs soucis d’entente et d’organisation. Il s’agit du service de médiation générale et de la maison de la parentalité. "Quelque part, pour nous, cette problématique revient tout au long de l’année, mais plus encore lors des périodes de congés scolaires. Pourquoi ? Tout simplement parce que durant l’année scolaire classique, les parents ne se voient pas forcément. L’un d’entre eux vient chercher l’enfant à l’école le vendredi et le redépose le lundi matin sans avoir vu l’autre parent et la vie suit son cours de cette manière", commente Caroline Gras, psychologue au sein de la maison de la parentalité. "Pendant les vacances, les parents sont obligés, en quelque sorte, de rompre avec les habitudes prises quand il y a école. Ils sont amenés à se voir, à échanger autour de la garde alternée et c’est souvent à ce moment que les soucis interviennent."

L’enfant, lui, se retrouve plongé au milieu d’un conflit et fait office de réceptacle des griefs d’un parent à l’encontre de l’autre. "Il arrive fréquemment qu’un parent passe par l’enfant pour transmettre un message à l’autre. Or, l’enfant n’est pas obligé de supporter cette situation. On lui demande de choisir entre son papa et sa maman alors qu’il aime les deux", souligne Caroline Gras. "Dès lors, ce que nous faisons prioritairement, c’est de remettre l’enfant à sa vraie place, de lui ouvrir un espace de parole. Les parents doivent pouvoir le replacer au centre de leurs préoccupations au lieu de se servir de lui pour régler les comptes avec l’ex-conjoint. Bref, le bien-être de l’enfant prime. Nous insistons sur cet aspect."

De petits outils sont mis en place pour éviter que l’enfant ne doive faire tampon entre ses parents. "Par exemple, un carnet de communication ou des tableaux avec des pictogrammes en fonction de l’âge de l’enfant. Nous allons aussi rencontrer le deuxième parent pour connaître son point de vue sur la situation. En fonction de chaque cas, Pascal Sauro, le médiateur, va intervenir au niveau des parents pour tenter de solutionner le problème de communication ou de compréhension entre eux", explique la psychologue.

Dans de nombreux cas, les conflits peuvent s’apparenter à des broutilles mais ces querelles sont considérées comme un vrai casse-tête par les parents, dont chacun défend sa soupe. "L’un a décidé de partir deux semaines en vacances avec l’enfant. Alors, il va empiéter sur la semaine de garde de l’autre. Les ex n’arrivent pas à trouver un accord là-dessus. Ou alors le problème survient quand un des parents est amené à rencontrer le nouveau conjoint de l’autre. Tout ça fait remonter des souvenirs à la surface, remue le passé, ravive des choses", fait remarquer Caroline Gras.

Encore une fois, l’intervention de professionnels peut s’avérer utile en pareil cas.