Tournai-Ath-Mouscron Le conseiller communal CEC de Brunehaut s’acharne sur la directrice générale de la commune depuis des années.

L’affaire Daniel Bernard, le conseiller communal de l’opposition brunehautoise qui devait se défendre de faits de harcèlement à l’égard de Nathalie Bauduin, la directrice générale de Brunehaut, était traitée ce mercredi matin par le tribunal correctionnel. Fort de son statut de conseiller communal, Daniel Bernard s’est cru tout permis. "Il est persuadé qu’il peut faire tout ce qu’il veut malgré différents avertissements et un rappel à l’ordre de la Région wallonne."

C’est surtout via le site de son mouvement, le Centre Étendard Citoyen (CEC), que Daniel Bernard s’en est pris à la directrice générale. "C’est là qu’il se défoule littéralement contre ma cliente. Il dit d’elle que c’est une cerbère se croyant intouchable, l’égérie de la commune, la prévaricatrice, la reine de Brunehaut, l’irréfléchie, la sans-diplôme, membre de la mafia locale, membre du clan, la mégalomane du clan, qu’elle perçoit des salaires de manière indue. Tout cela a eu des répercussions sur sa vie professionnelle mais également sur le plan de sa vie privée."

Du côté de l’auditeur du travail, une peine sévère de deux ans d’emprisonnement était requise contre le prévenu ainsi qu’une interdiction d’éligibilité pour une période de cinq ans. "Le prévenu ne se contente pas de donner son avis en tant que conseiller communal. D’ailleurs, lors des différents débats, il est toujours passif. Au lieu de s’exprimer au conseil, il le fait via son site Internet."

Les différents rappels à l’ordre de la justice n’ont rien changé à la situation. "Rien ne pourra l’empêcher de poursuivre ses actes et son attitude envers Mme Bauduin, d’où cette peine sévère. Il a d’ailleurs écrit sur son site que faire de la prison pour ces faits serait pour lui un titre de gloire…"

C’est Me Gossieaux qui avait la mission de défendre Daniel Bernard après que son ancien conseil, Me Discepoli, a jeté l’éponge. "Mon client, aujourd’hui âgé de 72 ans, ne s’est lancé en politique qu’en 2012. Lors de ces élections, le Centre Étendard Citoyen a gagné un siège qu’il occupe. Via le blog du CEC, mon client critique la gestion politique de la commune. Il n’est pas le seul à le faire car des articles sont signés par le comité de rédaction. Il considère faire son travail d’opposant. Il assure que ce n’est pas les personnes qu’il vise mais les fonctions", a confié Me Gossieaux, qui a sollicité l’acquittement de son client, en raison de ses problèmes de santé et de l’absence d’antécédents.

Daniel Bernard prenait une dernière fois la parole de manière maladroite. "Tous ces écrits, je les ai réalisés en tant que journaliste. Si vous me condamnez, vous devez le faire aussi vers ces gens" , expliquait-il en montrant les journalistes présents lors de l’audience. Le jugement sera rendu le 8 novembre.