Tournai-Ath-Mouscron Dominique Debrauwere est le chef de corps de la zone de police du Val de l’Escaut. 

La zone de police du Val de l’Escaut (Estaimpuis, Pecq, Celles, Mont-de-l’Enclus) se retrouve souvent sous les feux des projecteurs ces dernières semaines, avec des interpellations dans d’importants dossiers liés à des trafics de stupéfiants et de la grande criminalité, à celui de la disparition et du meurtre de Marie-Hélène Di Francesca…

À la tête de cette zone de police, Dominique Debrauwere, 49 ans. Natif de Menin, il a tout d’abord été militaire, de 1987 à 1994. Il a notamment été casque bleu durant six mois en ex-Yougoslavie. Il a ensuite troqué le kaki pour le bleu, à la zone de police du Tournaisis tout d’abord, puis à celle de Mouscron, avant de prendre les rênes de la zone de police du Val de l’Escaut il y a un peu plus d’un an, le 1er mars 2017.

Comment ça se passe ?

Bien. De mieux en mieux, je dirais même.

C’est plus calme qu’à Mouscron et à Tournai ?

Comme c’est rural, on pourrait croire que c’est plus calme qu’ailleurs. Mais en fait, nous avons les mêmes problématiques que dans les autres zones, dans une proportion moindre. On peut tout aussi facilement se cacher et commettre des délits dans des zones urbanisées que dans des hameaux dans la campagne. J’ai aussi découvert qu’en rive gauche de l’Escaut, la criminalité est similaire à ce que l’on connaît le long de la frontière, de Comines-Warneton à Péruwelz, avec ses faits délictueux : stupéfiants, vols dans habitations, vols dans véhicules… De l’autre côté de l’Escaut, la criminalité est moins importante.

Qu’avez-vous mis en œuvre depuis votre arrivée ?

Je me suis notamment intéressé à la gestion administrative et budgétaire. Sans moyens, on ne fonctionne pas. Il a fallu laisser le temps au collège de police d’apprendre à me connaître. J’ai montré les réalités auxquelles j’étais confronté et le collège a accepté de rééquilibrer la situation budgétaire. Cela a permis de restructurer la zone et de procéder à des recrutements, notamment dans le service Enquête et recherche.

Avec des résultats ?

Clairement. Il y a eu des interpellations dans les deux récentes affaires de stupéfiants, deux gros coups de filet. Nous avons été félicités par les deux juges d’instruction en charge des dossiers et par le conseil de police qui a proposé de s’associer à mon courrier de félicitations aux policiers de la zone… Nous avons participé à l’élucidation du meurtre de Marie-Hélène Di Francesca.

Nous avons aussi élucidé des dossiers plus petits mais tout aussi importants. Nous avons procédé à des interpellations pour vols dans habitations, dans des affaires de stupéfiants, à la suite d’une agression à l’arrêt de bus à Hérinnes, à la suite d’un braquage à Amougies… Cela fait beaucoup en une année et la restructuration du service Enquête et recherche fait que nous avons un travail proactif plus important. Sinon, c’est du réactif. Il faut courir derrière. Ces recrutements ont porté leurs fruits.

Vous espérez encore d’autres renforts ?

Oui, pour le service Intervention notamment. En matière d’activité, je voudrais une patrouille supplémentaire pendant les nuits parce qu’il y a une recrudescence d’activité criminelle à certains moments. Pour l’instant, nous avons une seule équipe d’intervention la nuit que nous renforçons avec d’autres services de la zone de police. Je veux continuer à faire évoluer le fonctionnement de la zone de police, vers plus de synergies entre les services pour couvrir le territoire.

Le travail de restructuration du fonctionnement de la zone ensemble n’est pas terminé.

Non, en effet. En fait, la gestion d’une zone de police demande une grande rigueur administrative dans le suivi des procédures, l’anticipation des éventuels mouvements de personnel…

On gère notre budget, nos recrutements, les carrières… C’est un travail de l’ombre mais sans ça, on n’avance pas. Et à côté de tout ça, nous veillons bien sûr à rendre le service attendu : mener des contrôles, réaliser des enquêtes, assurer une présence sur le terrain… Une zone de police, c’est comme une petite entreprise.

La proximité, les yeux et les oreilles de la police

"Nous faisons un gros effort à ce niveau, glisse le chef de corps Dominique Debrauwere. Nous essayons de maintenir ce nombre : cinq à Celles et Mont-de-l’Enclus, cinq et bientôt six à Estaimpuis et trois à Pecq. Cela fait quatorze personnes sur un effectif opérationnel de bientôt 56 personnes."

Pour Dominique Debrauwere, dans une zone aussi étendue, les agents de quartier sont indispensables. "Ils sont les yeux et les oreilles de la zone de police, ils relaient les préoccupations des citoyens. Ils font remonter énormément d’informations, en matière de comportement des gens, d’agissements suspects, de radicalisme, de terrorisme aussi, ce qui permet aux autres services de la zone de police de travailler sur base de ces informations. La procédure de domiciliation nous permet de suivre notre population."

Le chef de corps a accepté de conserver le nombre d’agents quand il est arrivé à la tête de la zone il y a un an. "Mais je souhaitais qu’ils soient plus que ça. Je voulais mélanger les métiers et nous demandons donc également aux agents de proximité de participer à la gestion des priorités de la zone. Ils participent par exemple une fois par semaine à un contrôle d’intervention. Et ils bougent sur la zone. Ils doivent accepter de bouger sur le territoire de la zone et de s’impliquer."

Et pour Dominique Debrauwere, cela produit ses effets. "Récemment, un policier de la proximité d’Estaimpuis avait repéré un véhicule suspect qu’il a pris en chasse à la suite d’une information opérationnelle dans la zone. Il a informé qu’il le suivait. Cette réactivité a permis d’interpeller deux individus."