Tournai-Ath-Mouscron Une femme a dû régulièrement essuyer les coups de son compagnon devant ses enfants

C’est une vie de couple destructrice qu’a vécue Julie (prénom d’emprunt) durant près d’une année. En effet, pendant plusieurs mois, elle a dû essuyer plusieurs scènes de coups. Son bourreau, un homme originaire de Boussu et âgé de 36 ans, se retrouvait ainsi à comparaître à la barre du tribunal correctionnel de Tournai.

"C’est fortement regrettable", assurait-il lors de l’instruction d’audience. Il lui était notamment reproché quatre scènes de coups dont la première se serait produite le 11 janvier 2016 et la plus récente le 2 décembre de l’année suivante. Lors de cette dernière scène, le prévenu a notamment lancé son téléphone portable en pleine figure de sa compagne lui causant une incapacité de travail. "Je ne conteste pas ce fait mais un certificat médical, c’est facile à avoir."

Très souvent, le prévenu brutalisait sa compagne qui essuyait des coups de pied et de poing devant ses enfants. Un jour, elle a même dû quitter le domicile par la fenêtre de la chambre de son jeune fils en compagnie de ce dernier.

"Le prévenu était alors tellement énervé qu’il a détruit du mobilier de leur logement sans même se rendre compte que sa compagne et son enfant étaient partis", détaille l’avocat de la victime qui réclamait 4.000 € de dommage moral.

Éric Delhaye, procureur du Roi de la division de Tournai, ne se montrait pas tendre avec le prévenu. "Quand on l’écoute, on a l’impression que c’est normal. Régulièrement, ses deux enfants étaient en larmes en voyant papa taper maman. Il dit qu’elle a aussi une part de responsabilité néanmoins, si un jour votre fille vient vous voir avec un coquard, vous lui direz que c’est normal parce qu’elle a sans doute poussé son partenaire à bout ?"

Actuellement en couple avec une nouvelle personne, l’individu a tout de même souhaité rassurer le tribunal. "Avec elle, ce n’est pas aussi fort. Je n’arriverai jamais à ce stade-là…"

Le prévenu risque une peine d’emprisonnement allant de quatre ans à deux ans. Un sursis probatoire était requis afin de régler ses problèmes de violence. "Je sais que ce que j’ai fait est grave…"