Tournai-Ath-Mouscron Hervé Cornillie (MR) revient sur son parcours politique et sur les derniers événements à Leuze

Début mars, Hervé Cornillie, alors premier échevin (MR) de Leuze, annonçait sa décision de renoncer à être candidat aux communales. Quelques jours plus tard, il confirmait aussi sa volonté de quitter le collège et le conseil communal. Un point acté lors de la séance du 27 mars. Il revient d’abord sur son parcours.

Hervé Cornillie, est-ce que quelqu’un vous a mis le pied à l’étrier en politique ?

"Pas vraiment. Je dirai même que mon entourage ne m’y incitait pas. Mais je m’y suis toujours intéressé. Il se trouve que j’ai débarqué en politique à une période assez chahutée, avec la dioxine, les affaires de corruption, le scandale des enfants enlevés. Mon souhait était de me rendre utile, de servir les gens."

Un discours convenu, ça, non ?

"Pas du tout. Par exemple, j’ai été représentant des étudiants. J’avais déjà cette volonté d’aider."

Au MR absolument ?

"Oui, parce que la vision qu’a le MR de l’individu me plaît. Pour moi, le libéralisme est progressiste et non conservateur comme on veut le faire croire à gauche."

À quand remonte votre première candidature ?

"J’ai été candidat en 2000 à Leuze. J’avais failli être candidat à Estaimpuis."

Pour quelle raison ?

"Je suis originaire de Pipaix. Mais via ma maman, j’ai un lien avec la commune d’Estaimpuis. À Leuze, certains, déjà à l’époque, ne voulaient pas de moi. Ils disaient que je n’étais pas de Leuze. Et la tendance n’était pas encore à la féminisation et au rajeunissement en politique. Mais Jean-Pol Renard m’a choisi."

Après votre élection comme conseiller, comment vous êtes-vous impliqué ?

"Président de la commission jeunesse, j’ai relancé les plaines de vacances. Je disais ce que je pensais, ce qui dérangeait. J’étais considéré comme impétueux. Mais Jean-Pol Renard, lui, était ouvert au dialogue…"

En 2006, vous entrez au collège

"Oui. J’ai continué mon engagement, avec mon style, sans promettre monts et merveilles."

Bourgmestre sortant, Lucien Rawart, est tête de liste et vous en 7e position en 2012

"Il revendique la tête de liste. Ce n’est pas illogique. Mais je sens que nous sommes insuffisamment ouverts. Il nous fallait d’autres visages, des gens tournés vers des thématiques comme l’environnement, la démocratie participative. Au final, nous sommes battus par Idées. Et Christian Brotcorne bat Lucien en voix."

Vous, vous arrivez en tête au niveau du MR

"Je devance Lucien, oui. Et j’aurais pu être bourgmestre par le jeu des alliances. Mais c’était à Christian Brotcorne, qui avait fait un score canon, de devenir bourgmestre. Moi, je suis passé 1er échevin. Et il y a eu des aigris…"

Avec Christian Brotcorne, ça se passe comment à ce moment ?

"Plutôt bien. Il n’y a pas de conflits entre nous. Mais je ne sens pas une réelle dynamique. Puis, je me dis que nous sommes loin des engagements pris, en matière de rénovation urbaine, de propreté, de fiscalité. Un projet comme la Grand-Place, on en parlait déjà en 2012. Il y a une bonne gouvernance autour de la communication, mais pas au niveau des actes."

Vous parlez de doute. Qu’entendez-vous par là ?

"Au sein du groupe MR, certains sont agacés. Nous sommes le deuxième parti de la majorité. Il y a un mal-être."

Et en mai 2015, vous tentez un changement de majorité. La motion a été rejetée. Quelques semaines plus tard, vous étiez dépouillé de vos attributions. Si c’était à refaire ?

"C’était risqué. Ça a bousculé les choses politiquement. Et ça s’est soldé par un échec. Cette procédure n’est pas sortie de nulle part. Elle est prévue dans le code de la démocratie locale. Si c’était à refaire… J’ai pris conscience qu’il fallait apprendre à prendre le temps. Sur la forme, j’agirais autrement. Mais sur le fond, je pense que c’était une bonne solution au profit des citoyens."