Tournai-Ath-Mouscron Une navetteuse voit rouge depuis qu’elle ne peut plus se garer dans le centre-ville

En vigueur depuis le 28 mai dernier, le nouveau plan de stationnement instauré par la Ville continue à susciter la controverse.

En cause, l’extension de la zone bleue qui empêche dorénavant les usagers de la SNCB prenant le train à Enghien depuis les entités limitrophes de se garer plus de quatre heures à proximité de la gare sans risquer une amende. Myriam Boone figure parmi les nombreux navetteurs pénalisés par cette mesure au travers de laquelle les autorités enghiennoises entendent faire pression sur la direction du chemin de fer pour qu’elle mette à disposition de sa clientèle des parkings en suffisance.

Le manque d’emplacements pour les voyageurs du rail engendre en effet d’importants problèmes de mobilité dans le centre-ville en raison du stationnement sauvage. "Voici une dizaine d’années, je prenais le train à Silly mais ma voiture a été vandalisée sur le parking de la gare à plusieurs reprises et même volée, avant d’être retrouvée un mois plus tard. Voilà pourquoi j’ai décidé de rejoindre mon lieu de travail bruxellois au départ de la gare voisine d’Enghien", explique cette habitante de Gibecq (Lessines).

C’est avec stupéfaction que l’intéressée dit avoir pris connaissance de ce nouveau règlement qu’elle juge discriminatoire et qui l’a incitée à transmettre au bourgmestre un courrier pas piqué des vers !

"Une telle décision me heurte d’autant qu’elle est prise par un élu Ecolo. Même si je comprends que la commune doit faire face à un épineux problème, le résoudre de la sorte divise la population et n’est pas en adéquation avec la philosophie d’un parti comme Ecolo", déplore-t-elle .

"Comme énormément de gens, je prends chaque jour le train à Enghien, non pour faire ribote dans la capitale mais pour aller y travailler et gagner ma vie. Désormais, j’aurai le choix entre risquer de rater mon train, opter pour une autre gare ou rejoindre Bruxelles en voiture. Ma qualité de vie s’en trouvera affectée, mon accès à l’emploi également", ajoute la navetteuse.

Habituée à se garer sur la place du Vieux Marché, désormais en zone bleue, Myriam avoue ne pas se sentir en sécurité lorsqu’elle doit reprendre sa voiture le soir, à 23 heures, sur le parking peu éclairé à l’arrière de la station ferroviaire.

Pas la bonne cible

Que ce soit par la Poste ou par mail, le bourgmestre reçoit un abondant courrier depuis que la nouvelle zone bleue est opérationnelle. "Certaines personnes sont fâchées mais d’autres, y compris des non-Enghiennois, nous apportent leur soutien tout en faisant preuve de compréhension par rapport à une situation que la SNCB a elle-même créée et dont nous sommes victimes." Pour Olivier Saint-Amand, les plaignants se trompent de cible et c’est à la SNCB ainsi qu’au gouvernement fédéral qu’ils doivent adresser leurs griefs. Et le maïeur d’ajouter qu’il n’est pas question de suspendre le nouveau règlement comme le demande le bourgmestre de Silly.