Tournai-Ath-Mouscron La suppression prochaine du passage à niveau de la drève du Corps de Garde va engendrer des problèmes

Comme le révèlent les statistiques, la traversée d’un passage à niveau, même protégé par des barrières, n’est pas sans danger pour les usagers de la route. Chaque année, on recense en moyenne 45 accidents sur le réseau ferroviaire belge. Ce phénomène d’insécurité a poussé Infrabel à supprimer un maximum de points où se croisent une ligne de chemin de fer et une voirie pour les remplacer - du moins quand cela est techniquement possible - par des alternatives plus sûres telles que des ponts ou des tunnels.

Rien qu’en 2016, 22 passages à niveau ont été rayés du territoire ! Sur la liste des prochains ouvrages de ce type condamnés à disparaître figure celui de la drève du Corps de Garde, à Petit-Enghien, sur la ligne 94 Tournai - Bruxelles. En termes de mobilité, ce démantèlement contre lequel les autorités locales n’ont aucun moyen légal de s’opposer risque d’impacter un millier d’habitants de Petit-Enghien.

"En guise de compensation, nous avons exigé d’Infrabel, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires belges, qu’un tunnel sous voie soit aménagé pour les piétons et les cyclistes", explique le bourgmestre Olivier Saint-Amand (Ecolo).

En revanche, les automobilistes empruntant cette voie d’accès au bois de Srihoux par la chaussée de Bruxelles devront bientôt se farcir un détour de plusieurs kilomètres pour rejoindre le village de Petit-Enghien. Le report de la circulation dans les rues Caremberg, de Coquiane et de Strihoux n’est pas du goût des riverains qui subiront, il est vrai, un surcroît de trafic important.

Dans le cadre de l’enquête publique qui vient de se terminer, laquelle concernait uniquement la création d’un couloir souterrain pour lequel Infrabel consentira un investissement de 500.000 €, de nombreux courriers de mécontentement sont parvenus à l’administration communale.

Le maïeur comprend la grogne de ses administrés et s’en explique : "Infrabel s’était engagé à reprendre contact avec nous avant d’introduire sa demande de permis auprès de la Région wallonne, ce qu’il n’a pas fait. La Ville a été contrainte de lancer à la dernière minute une enquête publique tout en insistant auprès de la SNCB pour qu’elle organise voici quelques jours une séance d’information pour la population. Tout ça n’est pas très sérieux !"