Tournai-Ath-Mouscron Les filles de Chantal Beyls ont déposé plainte contre l’échevine d’Estaimpuis

Contactée ce mercredi, Isabelle Marquette, échevine à Estaimpuis, semble très affectée par les plaintes d’abus de confiance et de diffamation déposées à son encontre par les filles de Chantal Beyls, conseillère communale dans la même commune, auprès de la zone de police du Val de l’Escaut.

Magali et Marjorie lui reprochent en effet d’avoir retiré une première somme de 25.000 €, issue des titres vendus de leur maman, et une seconde de 30.000 €.

"Je n’ai rien volé, assure Isabelle Marquette. À chaque fois, j’ai effectué les opérations bancaires demandées par Chantal. Je me suis occupée d’elle durant un certain temps car ses filles ne s’en souciaient plus. C’est en tout cas très dur d’être accusée de telles choses. Si elles agissent de la sorte, ce n’est pas pour leur maman mais pour l’argent. De mon côté, elles veulent me nuire parce que je me présente aux élections."

Les deux sœurs expliquent quant à elles ne pas du tout avoir agi par rapport aux élections.

"Nous ne voulons d’ailleurs même pas de toutes ces procédures de justice si nous arrivons à trouver un accord à l’amiable, mais cela semble très délicat", détaille Marjorie, une des filles de Chantal Beyls.

"Nous nous sentons véritablement trahies, surtout par rapport à notre maman. On ne fait en tout cas pas cela non plus pour de l’argent. Quand notre papa est décédé, ma sœur et moi n’avons pas voulu de l’argent. Nous avons préféré le laisser à notre maman pour qu’elle puisse vivre décemment. Cela nous a évidemment fait d’autant plus mal de voir qu’elle n’a même pas pu profiter de cela. Nous savons notamment qu’elle a retiré la somme de 15.000 € pour elle et le même montant pour l’achat d’une voiture pour sa fille."

Marjorie, à l’instar de sa sœur, se dit sereine pour la suite de l’enquête. "Les autorités peuvent éplucher l’ensemble de nos comptes, nous n’avons rien à nous reprocher. En ce qui concerne la plainte pour diffamation, nous n’en pouvions plus de toutes ces rumeurs qu’elle lançait à notre égard quant au fait que nous ne nous occupions pas de notre mère."

Isabelle Marquette a rencontré de son côté son avocat mercredi soir.

Une affaire dont le Parti socialiste d’Estaimpuis se serait bien passé

Daniel Senesael et Quentin Huart ne prendront aucune mesure tant que la justice n’aura pas fait la lumière dans ce dossier

Voilà donc une affaire dont le Parti socialiste d’Estaimpuis se serait bien passé à un mois des élections communales.

Évidemment présumée innocente, aucune mesure ne sera prise contre Isabelle Marquette par son parti. "Pour que tout soit le plus transparent possible, j’ai eu Isabelle au téléphone ce mercredi matin, détaille Daniel Senesael, bourgmestre d’Estaimpuis. Il faut maintenant laisser la justice faire son travail, je ne veux pas et n’ai pas à jouer l’arbitre dans cette histoire. C’est pour le moment la parole de l’une contre celle des autres. Maintenant, il est évident que si la justice devait prendre une décision défavorable à Isabelle Marquette, elle devrait évidemment en payer les conséquences."

Sa présence sur la liste PS pour le scrutin du 14 octobre prochain ne sera pas non plus remise en cause comme l’assure Quentin Huart.

"Je dois évidemment avouer que c’était la stupéfaction dans mon chef en apprenant la nouvelle ce mardi matin. D’abord parce que jamais je ne me serais imaginé apprendre une telle chose. Cela fait douze ans que je connais Isabelle. C’est une personne qui est très sympathique et très attentionnée. Après, il est évident que l’on ne connaît jamais véritablement une personne… Puis, il faut avouer que ce n’est évidemment pas très agréable de voir sortir cela à un mois des élections."

La tête de liste répète encore que le parti n’a pas à intervenir dans cette histoire.

"C’est finalement un dossier qui est totalement privé. On ne parle certainement pas d’argent public. Il y a en attendant deux versions qui s’affrontent, il faut attendre et faire confiance en la justice."