Tournai-Ath-Mouscron La cavalière d’Amougies a remporté plusieurs médailles aux Jeux Paralympiques. Son rêve : défier les valides

Michèle George est un symbole d’abnégation et de courage. Victime d’un accident avec un cheval qui l’a envoyée dans une chaise roulante en 2008, la cavalière de 44 ans, native d’Ostende et citoyenne d’Amougies depuis 2004, a remporté trois médailles d’or et une médaille d’argent aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012 et de Rio en 2016. Et elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Vous avez faim de médailles ? De compétition ?

"Ce n’est que le début… J’ai vraiment besoin de ça. Ça me pousse à aller de l’avant. Sans les concours, je ne vois pas le but de m’entraîner. Les compétitions, c’est comme de la drogue. J’ai ça dans le sang. Voilà, il me faut des projets. Et en ce moment, j’aide aussi ma fille, Camille, qui fait elle aussi de la compétition et qui monte Rainman. C’est le cheval avec lequel j’ai remporté mes médailles."

Toutes ces médailles, tous ces succès, cela représente quoi pour vous ?

"Ça me fait chaud au cœur et je me souviens de chaque médaille. La première, c’était au Championnat d’Europe en 2009. Je venais de sortir de ma chaise roulante. Les Jeux Paralympiques de Londres et de Rio, c’est inexplicable pour moi. Mais Londres, c’était le top à tous les niveaux, pour les athlètes et les chevaux. J’ai eu deux médailles d’or, en dressage et en freestyle. Et à Rio, j’ai dû me battre. J’étais mécontente après la première épreuve, en dressage, où je n’ai obtenu que la médaille d’argent. Pour la deuxième épreuve, en freestyle, j’ai pris ma revanche. Il faut savoir que plus je suis sous pression, plus je suis forte."

C’est une revanche sur la vie ?

"Je ne le vois pas comme ça, non. L’accident, c’est l’accident. C’est tout. Par contre, l’accident m’a fait ouvrir les yeux. Il m’a appris énormément sur moi-même. Qu’il ne faut jamais abandonner, qu’il faut profiter de la vie et croire en ses rêves. C’est un cadeau d’être en bonne santé et d’avoir ses proches. Parce que l’on ne sait jamais ce qui nous attend le lendemain."

Que s’était-il passé exactement ?

"L’accident s’est produit en 2008. J’avais le cheval en main et il m’a amenée dans une longue longe. Je me suis cassé le genou. J’ai subi plusieurs opérations et disons que ça a mal tourné à l’hôpital. Ils m’ont mal piquée dans le dos. Ils m’ont ratée. C’est l’anesthésie qui m’a mise dans la chaise roulante. Au départ, j’étais paralysée en dessous des hanches. Mon mari m’a changée d’hôpital et j’ai récupéré ma jambe droite. La gauche est restée problématique. J’ai dû faire de la rééducation."

Il a fallu se battre.

"Oui, aujourd’hui, je ne sens ni mon pied gauche ni un côté de ma jambe mais avant, j’étais en chaise roulante. Alors, je me suis battue, oui. Je faisais tout sur un pied. Parfois, je tombais. Mais quand on tombe, on se redresse, non ? J’ai pris les rênes de ma vie en mains. Et puis, je devais me battre, pour ma famille, mes enfants, pour moi. Et pour mes chevaux aussi."

Qu’est-ce qui vous a poussée à remonter sur un cheval et à reprendre la compétition ?

"Ce qui s’est passé, c’était un bête accident. Je n’en veux pas au cheval avec lequel j’ai eu cet accident. J’adore mes chevaux, je vis avec eux. Ils attendaient tous les jours que je vienne les voir. Alors, j’ai réessayé, tout doucement. Cela faisait peur au départ parce que j’avais une jambe endormie."

Que vous procure ce sport ?

"Énormément. C’est l’harmonie avec cet animal intelligent et fragile en même temps. C’est une véritable passion. Je donnerais ma vie pour un animal. L’amitié que l’on reçoit en retour est tellement pure et honnête."

Vous avez encore des ambitions pour la suite ? Un rêve ?

"Je veux essayer de défendre mes titres le plus longtemps possible. Et puis, il faut les moyens financiers, mais j’aimerais trouver un jour un cheval pour faire de la compétition avec les valides, pour montrer que j’ai ma place chez les valides. C’est un projet magnifique et je vais me battre pour."