Tournai-Ath-Mouscron Frédéric Lhernould suscite surtout la curiosité, parfois l’inquiétude

Frédéric Lhernould se sent bien en Belgique et en Wallonie picarde. Il s’y sent très bien même.

"Les gens sont très sympa", glisse-t-il. "Les gens du garage en face sont venus me proposer de l’eau, un autre voisin aussi. Au départ, on ne se connaissait pas. Aujourd’hui, ils deviennent des amis. Parfois, les gens s’arrêtent sur le bord de la route, que je sois ici au rond-point de la chaussée de Renaix ou près de l’Escaut à Kain. "

Certains s’arrêtent devant la roulotte pour demander à Frédéric comment il fait pour vivre. "Je vends du rêve pour certains. Ils voudraient partir et c’est possible. Il suffit de franchir le pas. Après, je suis comme tout le monde. J’ai une tête, deux bras, deux jambes. J’ai aussi besoin d’argent pour vivre, pour moi, pour mon cheval qui me coûte en ferrage, en nourriture…"

Certains s’arrêtent aussi pour donner diverses choses au nomade. "Et à la limite, je n’en ai pas besoin. Je ne demande rien. J’accepte surtout pour le cheval. Des gens viennent aussi me voir pour comprendre ce que je fais. Des familles et les enfants sont aussi plus attirés par le cheval. Et les enfants montent dessus."

Mais parfois, les réactions sont tout à fait différentes. "Je suis parfois insulté sur Facebook. J’ai des animaux et pour certains, ils sont d’office maltraités. Mais pas du tout. J’ai un cheval et des poules et je les traite très bien. Des gens m’interpellent notamment en disant que je traumatise mon cheval. Mais il va très bien. Je change même de roulotte en octobre pour en avoir une plus légère, pour le bien de mon cheval notamment."

Et Frédéric Lhernould de livrer sa petite analyse. "Ma liberté fait parfois peur aux gens. Quand je vois que l’on m’accuse d’avoir volé des canards. Cela vient juste d’arriver. Un voisin qui m’accuse. Pour certains, je vis dans une roulotte et donc je vole des poules et des canards. C’est n’importe quoi. Moi, j’essaie de ne pas déranger les gens. J’essaie de ne pas faire de bruit, je ramasse des papiers. Quand je repars, à part de l’herbe en moins, il n’y a pas de trace de mon passage. Je ne veux pas que l’on me fasse une mauvaise réputation."

Et de conclure : "J’ai une tête, deux jambes, deux bras. Rien de bizarre, donc. J’ai la télévision, Internet… Bref, je suis comme tout le monde. Mais voilà, je ne vis pas comme tout le monde. La pierre, la brique, ce n’est pas mon truc. Ma roulotte, c’est ma valise. Un escargot sur roue. Elle transporte mes affaires. Et ça me plaît comme mode de vie."

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