Tournai-Ath-Mouscron À la tête du CERPI, Michel Vanbockestal pense avoir élucidé le poltergeist d’Arc-Wattripont

Chauffeur de bus, Michel Vanbockestal, 59 ans, préside le très sérieux Centre d’étude sur les phénomènes inexpliqués. Il vient de sortir un livre passionnant sur les événements surnaturels survenus en 1993 dans une maison du petit village d’Arc-Wattripont.

Depuis quand vous intéressez-vous aux phénomènes mystérieux ?

"Comme Obélix, je suis tombé dans la potion mystique quand j’étais petit. Il se fait que, vers l’âge de 5-6 ans, j’ai vécu quelques expériences bizarroïdes pour lesquelles j’ai tenté de trouver des explications. Lors d’une excursion avec mes parents dans les ruines de l’abbaye de Cambron-Casteau (Brugelette), bien avant l’ouverture du parc Pairi Daiza, il s’est produit quelque chose d’assez incroyable. Alors que ce site médiéval faisait travailler mon imagination, je me suis retrouvé entouré de personnes en tenue d’une autre époque. Je n’ai strictement rien compris à ce qui m’arrivait, d’autant que je ne voyais plus mes parents. L’air semblait différent, tout comme les odeurs. J’éprouvai une sensation très étrange. Au bout d’un certain laps de temps, tout est redevenu normal."

Avez-vous par la suite vécu d’autres expériences inexpliquées ?

"Oui mais bien plus tard. En 1985, j’ai été victime d’un très grave accident de la route dont je garde des cicatrices et qui est décrit en long et en large sur le site du CERPI (www.cerpi-officiel.be). Alors que je circulais à moto du côté de Bierges, une voix intérieure m’a dissuadé d’emprunter la chaussée vers laquelle je me dirigeais en laissant entendre que je courais un grand danger. Ayant les pieds sur terre, je n’ai écouté que mon scepticisme. Mal m’en a pris car l’accident s’est bel et bien produit. Un camion m’a renversé et j’ai failli y laisser la vie. Non seulement le chauffeur était fautif mais il a pris la fuite et n’a jamais pu être identifié. Je ne m’explique toujours pas d’où provenait cette voix prémonitoire et par quel mécanisme celle-ci s’est manifestée."

Pensez-vous avoir élucidé l’affaire d’Arc-Wattripont ?

"En toute modestie, je crois en tout cas avoir dégagé une théorie suffisamment solide et étayée qui permet d’écarter définitivement d’autres hypothèses dont celle d’une puissance démoniaque. Avec l’aide précieuse de plusieurs scientifiques, j’ai consacré plusieurs années à étudier cette affaire en profondeur pour en arriver à la conclusion que le cas d’A-W relève d’un phénomène psychique mieux connu sous le nom de psychokinèse récurrente spontanée telle qu’elle est détaillée à la fin de mon livre."

Qu’entendez-vous par psychokinèse ?

"Dans certaines circonstances, l’esprit de l’homme aurait le pouvoir d’agir sur la matière par des moyens non physiques, c’est-à-dire par une influence mentale et inconsciente à même de provoquer le déplacement d’un objet inerte ou animé, voire même de le modifier. Ce processus très complexe a pu être reproduit en laboratoire à l’échelle microscopique. Par la pensée, certaines personnes soumises à des situations stressantes auraient la faculté de perturber le fonctionnement d’appareils mécaniques et électriques."

Et c’était le cas ?

"Tout porte à croire que c’est le cas du jeune homme qui occupait la maison d’Arc-Wattripont où se sont produits ces phénomènes de poltergeist (esprit frappeur). En se penchant sur la personnalité de ce dernier et en interrogeant la famille très pieuse qui l’hébergeait, nous avons découvert qu’il vivait dans un environnement conflictuel exacerbé, tant sur le plan relationnel que religieux et sexuel. En guise d’exutoire et pour soulager d’énormes tensions impossibles à extérioriser - dont celle de ne pouvoir entretenir aucun rapport avant le mariage avec sa fiancée de l’époque alors qu’ils dormaient tous les deux dans le même lit - ce garçon tourmenté aurait déclenché des décharges électriques cérébrales."

Dans votre livre, vous prétendez qu’il y a eu un black-out autour de cette affaire.

"Absolument. Les gendarmes ont pu apporter une preuve concrète de ce dont ils ont été témoins en immortalisant avec une caméra certains phénomènes survenus dans la chambre du jeune homme. Il existe une cassette vidéo qui a été saisie et transmise au parquet du procureur du Roi de l’époque. La justice leur a fait prêter serment de ne jamais rien révéler de ce qui apparaissait sur cet enregistrement. Depuis lors, plus personne n’a pu avoir accès à ce dossier classé top secret."


Plusieurs gendarmes ont été témoins des faits surnaturels survenus en 1993 dans le village frasnois

En 1993, la réalité a rejoint la fiction à Arc-Wattripont, petit village jusqu’alors paisible de l’entité de Frasnes où des phénomènes paranormaux vont semer l’émoi et l’effroi parmi les habitants. Tout commence dans la nuit du 5 au 6 janvier vers 22 h 30 lorsque les forces de l’ordre sont appelées à intervenir à la rue Beauregard où une maison isolée semble… hantée !

Après avoir cru à une farce, les deux gendarmes ne vont pas regretter leur déplacement. À leur arrivée, ils sont accueillis par le propriétaire de l’habitation dont l’intérieur ressemble à un champ de bataille.

Des débris en tous genres jonchent le sol et les meubles les plus massifs sont culbutés. Les hommes en uniforme imaginent qu’il y a eu une scène de ménage, avant que leur interlocuteur, Germain Dubart - ancien routier retraité -, ne leur raconte une histoire abracadabrante.

Des objets se déplacent tout seuls comme par magie, se fracassent contre les murs ou prennent spontanément feu. Coiffé d’un casque de chantier, le vieil homme apeuré les invite à rentrer. Le phénomène va s’amplifier sous les yeux médusés des gendarmes qui ne sont pas au bout de leurs frayeurs.

Ils se précipitent à l’étage après avoir entendu des pas en hauteur mais ne trouvent strictement personne.

C’est en redescendant l’escalier qu’un double vitrage explosera sans aucune explication. Ils appellent en renfort des collègues qui, à leur tour, seront les témoins ahuris de ces manifestations surnaturelles.

Leur attention se focalisera ensuite sur le beau-fils du propriétaire, Éric Barbé, lequel semble être à l’origine de ces faits dépassant l’entendement.

Pris de convulsions, le jeune homme décrit des communications télépathiques avec une entité qu’il assimile à la Vierge Marie. Un prêtre anglican pratiquera plusieurs exorcismes avant que d’autres désenvouteurs entrent en action.

Avant que la justice s’empare de l’affaire, celle-ci aura eu le temps de faire les gros titres de la presse écrite et télévisée tant en Belgique qu’à l’étranger.