Tournai-Ath-Mouscron La Ville de Lessines et son bourgmestre justifient le recours à l’unité spécialisée du bien-être animal

Dans notre édition du 10 août, nous avons relayé les inquiétudes des militants de la cause animale par rapport à l’état de santé de trois chevaux qui sont la propriété de Pascal D., un marchand de bestiaux d’Ogy (Lessines) déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de maltraitance.

Une instruction judiciaire est d’ailleurs toujours en cours à son sujet depuis 2016, époque à laquelle une saisie record est intervenue chez cet éleveur multirécidiviste.

Des soupçons pèsent à nouveau sur l’intéressé depuis que des villageois ont aperçu dans ses prairies plusieurs équidés dont la maigreur inspire les pires craintes comme en témoignent des photos prises sur place.

Via sa page Facebook, la Ville de Lessines n’a pas tardé à réagir en annonçant que la police avait alerté la cellule du bien-être animal de la Région wallonne (SPW) sur ordre du bourgmestre. "Il appartiendra à cette unité spécialisée de prendre les mesures qu’elle juge nécessaires", peut-on lire dans le communiqué.

Depuis son lieu de vacances, Pascal De Handschutter a confirmé l’information tout en indiquant que des inspecteurs de l’UBEA s’étaient rendus vendredi chez l’éleveur à nouveau pointé du doigt. "J’attends à présent leur rapport écrit mais d’après les premières constatations, aucune infraction ne peut à ce stade lui être reprochée."

Pour rappel, les bourgmestres disposent depuis le 1er juillet et l’entrée en vigueur d’un nouveau décret initié par le ministre Di Antonio des mêmes pouvoirs que l’UBEA pour ordonner une saisie, en l’occurrence ici policière.

" On a octroyé aux bourgmestres cette nouvelle compétence sans leur demander leur avis et en les mettant dès lors devant le fait accompli. Jusqu’à preuve du contraire, tous les bourgmestres ne sont pas vétérinaires et ne sont donc pas en mesure d’analyser de telles situations de manière objective. De surcroît, le SPW accouche d’une nouvelle législation dans l’urgence sans y mettre les budgets nécessaires. Ce n’est pas aux communes ni aux contribuables de supporter les frais d’un vétérinaire mais à la Région wallonne" , argumente PDH.

Comme beaucoup, notre interlocuteur s’étonne, en outre, que la justice tarde à correctionnaliser les derniers faits de 2016 et à interdire à cette personne de détenir définitivement des animaux.Bruno Deheneffe