Tournai-Ath-Mouscron Quatre orthopédistes chinois ont assisté à des opérations chirurgicales de poses de prothèse d’épaule au sein du Centre hospitalier

Dans le cadre d’une formation internationale mise en place avec le Centre hospitalier de Mouscron et une firme produisant des prothèses inversées pour l’épaule, quatre orthopédistes chinois ont passé un petit séjour à Mouscron. "Ce sont des gens qui pratiquent la chirurgie de l’épaule et du coude dans leur pays", explique le Dr Labrique du service orthopédique du CHM.

"Les prothèses d’épaule sont courantes dans nos pays mais peu connues dans d’autres. Même dans des grands pays tels que l’Inde, la Chine, etc. Tout cela parce qu’elles ne sont pas remboursées par leur système social. Elles coûtent donc extrêmement chères, surtout vu leur niveau de vie. Heureusement, les choses évoluent petit à petit. Les études montrent que ces prothèses donnent d’excellents résultats."

C’est donc dans ce cadre que les quatre chirurgiens ont assisté ce lundi matin à trois opérations chirurgicales.

"Ces opérations étaient prévues depuis longtemps et les patients ont bien évidemment été prévenus que d’autres professionnels allaient assister à l’opération. Cela ne leur a pas posé le moindre problème. Ils ont également pu avoir les instruments en main. C’est un avantage car cela n’est pas autorisé partout. C’est par exemple interdit aux États-Unis. On essaie donc de leur montrer toutes les possibilités de l’implant sans être trop diversifié non plus, pour qu’ils intègrent bien le processus."

Ce ne sont pas les premiers chirurgiens étrangers qui viennent rendre une petite visite au CHM. "Nous avons en effet la chance de recevoir des médecins d’un peu partout, des Indiens, des Allemands, des Anglais, etc. Cela s’inscrit donc toujours dans le cadre de la pose de ce type de prothèse et de la technique chirurgicale pure. À ce niveau, notre hôpital est un centre de référence mondial pour la firme que l’on retrouve derrière les prothèses."

Les contacts vont encore pouvoir se poursuivre après le retour au pays des chirurgiens. "Je laisse mes coordonnées et avec l’avantage d’internet, ils peuvent nous demander notre avis quand ils font face à certains cas particuliers. Souvent, nous sommes d’ailleurs plusieurs chirurgiens à leur répondre. On est même parfois invités chez eux, même si je n’y suis encore jamais allé !"

Les chirurgiens chinois venaient d’un cours à Madrid, ils sont passés par Mouscron puis vont rallier Bruxelles ce mardi avant de rentrer en Chine.

La venue des orthopédistes chinois est liée à la prothèse inversée. "Il faut savoir qu’il existe deux types de prothèses d’épaule", détaille le Dr Labrique. "Tout d’abord les anatomiques qui vont recréer le mouvement normal de l’épaule mais qui ne peuvent être utilisées si les tendons sont abîmés."

L’autre prothèse, dite inversée, est quant à elle plus intéressante. "La prothèse inversée redonne la fonction perdue lors de la destruction des tendons. Elle permet de retrouver des mouvements presque normaux et de supprimer les problèmes de douleurs."

C’est d’ailleurs cette dernière que l’on pose le plus aujourd’hui contrairement à il y a encore dix ans. "Cette prothèse a été inventée par un chirurgien dijonnais, M. Grammont. Lorsqu’il l’a présentée sur le marché, aux alentours de 1986, tout le monde a estimé que cela ne marcherait jamais car c’était non-anatomique. Finalement, on a constaté avec le temps qu’elle tenait parfaitement et que les gens étaient contents. Elle est finalement devenue une référence."

La prothèse inversée ne se pose pas beaucoup en Chine. "Les orthopédistes sont ainsi venus voir la manière dont on procède pour effectuer la mise en place de ce type de prothèse. Ce sont des chirurgiens déjà confirmés, cela permet pour nous aussi d’apprendre de leur expérience."