Tournai-Ath-Mouscron

Tous les élus et les militants CDH de Mouscron sont sous le choc après l'assassinat de leur bourgmestre Alfred Gadenne, 71 ans, ce lundi soir au cimetière de Luingne.

"Un homme profondément bon"

"Nous venons de perdre notre ami, notre capitaine", souffle Brigitte-Aubert Verhelle. "Qu'est-ce qui nous arrive ? C'est une catastrophe. Mon Dieu... Faire ça à mon bourgmestre. Quelqu'un de si bon, honnête, généreux, gentil... Je pourrais donner une liste infinie de qualités humaines. Je me sens perdue. Nous avons perdu notre capitaine. Vous savez, tout le monde pleure dans les maisons de Mouscron. Tout le monde le portait quelque part dans son cœur."

L'échevine, qui devrait succéder au bourgmestre lors du conseil communal le 9 octobre prochain, a encore échangé quelques mots et sourires avec le bourgmestre juste avant son assassinat. "Nous avions eu collège jusque 19h30. Il m'a ramené à ma maison à Mouscron et puis ça... Il n'y a pas de mot pour expliquer ce que nous vivons. Damien Yzerbyt, Jean-Pierre Detremmerie, et maintenant Alfred. Des monuments de Mouscron qui laisseront des traces indélébiles à tout jamais. Des gens simples qui ont construit notre commune."

"Alfred, c'était notre bourgmestre. Notre chef. Notre dirigeant. Notre ami", poursuit Brigitte Aubert-Verhelle. "Il était profondément bon, pour tout le monde. L'humain était sa priorité. Les Mouscronnois en particulier. Il était toujours prêts à les aider, à les entendre, à les comprendre. Il était à leur service. Il a tant donné et il n'en a jamais profité. Il avait tout le temps du travail. Toujours pour sa ville. Mais il ne cherchait pas pour les honneurs. Tout ce qu'il voulait, c'était servir sa ville, ses concitoyens."

"La politique comme le faisaient son père et son grand-père"

"Alfred était un homme qui ne savait pas dire non aux gens. Il n'y arrivait pas", souligne l'échevine Mathilde Vandorpe. "Quand il recevait une personne, une demande, et qu'il ne savait pas forcément ce qu'il pouvait apporter comme solution, on recevait un courrier, une note de la requête et il nous demandait si nous pouvions trouver une solution. Il voulait toujours trouver des issues positives. C'était ça, son quotidien. Aider les gens tout en restant simple et très accessible. En fait, il a géré cette ville de 60.000 habitants comme un village. Comme le faisaient son père et son grand-père qui avaient été tous les deux bourgmestre de son village, Luingne."

"Il s'intéressait aux gens, c'était sincère"

Le Premier échevin Michel Franceus a côtoyé Alfred Gadenne depuis 20 ans. "Ce qui m'a toujours frappé, c'était la droiture et son sens de la justice. Il avait une conception personnelle de l'ordre des choses. C'était parfois particulier mais c'était comme ça. Il fallait respecter les citoyens. Tous les citoyens. Mais il n'aimait pas les paresseux."

"Ce qui m'a également frappé, c'est qu'il connaissait tout le monde, tous les quartiers, toutes les rues, tous les habitants", poursuit Michel Franceus. "Il connaissait les gens. Il pouvait faire l'arbre généalogique de beaucoup de personnes. Il s'intéressait vraiment aux gens. Et puis, il ne bougeait pas beaucoup de Mouscron. Sa vie, c'était Mouscron. Quand on est bourgmestre, il faut aller dans les cabinets pour défendre des dossiers mais ce n'était pas sa tasse de thé."

Bien sûr, Alfred Gadenne avait un autre style que Jean-Pierre Detremmerie. "Il était proche des citoyens. Ses préoccupations premières, c'était d'ailleurs les travaux, la propreté publique, les parcs, les espaces verts. Ce n'était pas le style de Jean-Pierre Detremmerie mais cela a également été bénéfique à la Ville. Indéniablement."