Tournai-Ath-Mouscron À 25 ans, Johakim Chajia est à la base de nombreuses actions pour promouvoir la jeunesse à Tournai.

Si la jeunesse a pendant un certain temps été loin d’être une priorité au sein de la cité des Cinq Clochers, la donne est véritablement en train de changer. Johakim Chajia n’est d’ailleurs certainement pas étranger à ce changement de vision. Du collectif Les jeunes donnent de la voix à la coordination de la maison de jeunes Masure 14, retour sur un parcours déjà bien chargé.

Comment est né le collectif à Tournai, Les jeunes donnent de la voix ?

"C’était en 2012, Rémy Bauwens et moi-même avions pris part aux États généraux de la Culture. Nous nous étions intéressés au thème de la jeunesse et nous avons été surpris de voir qu’il n’y avait que nous deux. Nous avons alors cherché à savoir pourquoi les jeunes n’étaient pas là. Nous avons créé ce collectif sur Facebook pour demander leur avis aux jeunes."

Le succès a été directement au rendez-vous. Avez-vous été étonnés ?

"Oui et non. Nous étions conscients que les jeunes avaient beaucoup de choses à dire. Nous avons également fait beaucoup de battage pour que nos amis s’y ajoutent et qu’ils ajoutent leurs amis et ainsi de suite. En deux jours, le collectif rassemblait déjà 5.000 membres !"

Les États généraux de la Culture n’ont donc été que le point de départ ?

"Effectivement. Après avoir organisé la rencontre Les jeunes montrent la voie dans le skatepark, nous nous sommes dit qu’il serait bien que notre collectif puisse réaliser des choses. On ne voulait pas donner l’impression d’une jeunesse qui reste uniquement dans la demande."

Quelles ont été les premières réalisations ?

"Il y a tout d’abord eu le Street Workout avec la ville de Tournai qui ne nous avait pas contactés. Nous avions rendu un dossier à tous les échevins de la cité des Cinq Clochers où nous parlions notamment du Street Workout . Après cela, il y a eu les murs d’expression, la salle de répétition, nous avons eu gain de cause pour le skatepark, etc."

Le collectif a donc su faire bouger les choses ?

"Il est vrai qu’en cinq ans, les avancées ont été énormes. Et ce n’est pas fini, il y a encore d’autres projets en gestation comme sur la question de l’emploi chez les jeunes, un label stage pour les stages de qualité…"

Toutes ces réalisations auraient-elles été possibles sans le collectif ?

"On ne sait pas refaire l’histoire mais il est clair qu’il y a certaines réalisations où il est sûr à 90 % qu’elles n’auraient pas été possibles sans notre implication. Sur la question du skatepark, par exemple, nous avons donné un coup de boost."

N’avez-vous jamais été découragés par les portes fermées ?

"Franchement, non, même si cela aurait parfois pu à cause de certaines personnes politiques mais également de la société. Il y a parfois des gens qui ont pu avoir des réactions négatives en estimant que nos actions étaient par exemple politisées. Mais si on s’arrête à cela, on se torture l’esprit et on n’avance pas. À partir du moment où l’on est convaincu, il ne faut pas lâcher le morceau. Il ne faut jamais sous-estimer l’influence que l’on peut avoir et ne jamais croire que son avis n’a pas d’intérêt. Croire que l’on ne peut pas changer les choses est toujours une erreur."

Est-ce que vous avez senti un changement auprès des responsables politiques ?

"Il est clair que nos représentants politiques, mais également culturels et économiques, nous prennent beaucoup plus au sérieux qu’auparavant. Ils se sont rendu compte de ce que nous avons fait et de l’énergie développée. On nous dit aujourd’hui moins vite non même si cela arrive encore bien évidemment."