Tournai-Ath-Mouscron

Les dernières grosses inondations survenues en Wallonie picarde remontent au 7 juin 2016. Ce jour-là, de violents orages avaient provoqué un véritable déluge et sinistré de nombreux habitants de notre région.

Si le fonds des calamités interviendra dans bien des cas pour indemniser les préjudiciés, les communes misent aussi désormais sur la dimension préventive.

À Leuze , les autorités locales ont fait appel à la cellule GISER (Gestion intégrée sol - érosion - ruissellement) qui dépend de la Région wallonne pour réaliser les aménagements nécessaires en concertation avec les particuliers mais aussi le monde agricole.

Sous l’impulsion du ministère de l’Agriculture, le GISER a vu le jour en 2011 suite aux problèmes récurrents des coulées de boue impactant les voiries et les maisons. En juin dernier, le phénomène avait notamment sévi dans plusieurs villages de l’entité leuzoise : Blicquy, Chapelle-à-Wattines, Thieulain, Grandmetz et Pipaix.

"La Ville de Leuze a réussi à convaincre une petite trentaine d’agriculteurs d’agir pour améliorer la situation", se réjouit Alain Le Roi, ingénieur agronome du GISER venu exposer à l’hôtel de ville les différentes méthodes permettant de lutter efficacement contre le ruissellement des eaux.

"Tout dépend toujours du type de relief et de culture. Du côté de Leuze, les terres agricoles ne sont pas très pentues mais s’étalent sur de grandes longueurs. Lorsque le débit de l’eau pluviale est très élevé, celle-ci dévale en emportant avec elle les sédiments", indique Alain Le Roi.

Pour que les champs retiennent les sédiments avant que ceux-ci ne débordent sur les voiries, il existe diverses techniques dont les bandes enherbées qui contribuent à freiner le flux d’eau ou encore les barrages filtrants à base de paille. "Parmi les remèdes figurent aussi la diversification et la rotation des cultures sur une même parcelle. Les particuliers ont également un rôle à jouer, notamment en renonçant à installer au fond de leur jardin une digue qui aura pour conséquence d’envoyer le trop-plein d’eau chez les voisins."