Tournai-Ath-Mouscron L’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu ouvre ses portes au public

Les clichés ont la vie dure. Si vous parlez "d’emmener quelqu’un à Vieux-Leuze", tout le monde va comprendre. Mais affirmer que l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu n’est qu’une "maison de fous" serait travestir la vérité.

Ce dimanche 16 septembre, le site de l’avenue de Loudun va ouvrir ses portes au public. Pour le directeur, Jean-Philippe Verheye, l’objectif est double. "D’abord, l’hôpital psychiatrique peut continuer à faire peur. Le but est de permettre aux gens de visiter et de rencontrer les professionnels. Et puis nous voulons donner l’occasion aux personnes qui souhaiteraient être admises ici de recevoir la bonne info sur nos missions. Ceci est valable aussi pour leurs familles. Il ne s’agit pas d’attirer le client, car si on peut éviter l’hospitalisation, c’est tant mieux. "

Saint-Jean-de-Dieu accueille des hommes et des femmes adultes sujets à une pathologie psychiatrique. L’admission se fait sur base volontaire, souvent après un passage chez le médecin traitant.

En fonction de la problématique, la durée d’hospitalisation sera plus ou moins longue. "Mais cette période ne dépasse pas six mois. C’est voulu et le SPF Santé publique le demande aussi, souligne Jean-Philippe Verheye. Mais tout ne s’achève pas quand la personne quitte l’hôpital. Un suivi ambulatoire peut être programmé en fonction de la capacité d’autonomie de la personne. Nous travaillons ainsi avec des services d’aide familiale. La personne peut avoir besoin d’une ménagère en journée ou de soins psychiatriques à domicile. Nous avons aussi un référent logement qui travaille avec les agences immobilières sociales. Si la personne traitée ici repart ensuite dans un logement insalubre, le risque de rechute est plus important. "

Le travail s’effectue au cas par cas.

Le travail s’effectue au cas par cas. Il n’y a pas de schéma type mis en place . "Nous avons beaucoup œuvré à développer un accompagnement à la carte , moderne, assure Christine Louette, chef du département infirmier et paramédical. Ici, la prise en charge est globale et pas seulement médicamenteuse. La recherche d’activités visant à resociabiliser la personne fait, par exemple, partie de la remise sur pied. "

L’hôpital Saint-Jean-de-Dieu, qui dépend de l’Acis, l’Association chrétienne des institutions sociales et de santé, table sur cinq unités avec, pour chacune, une population cible. "La Couturelle est une unité pour patients présentant des troubles de l’humeur, explique Christine Louette. La Joncquerelle traite, quant à elle, de la dépendance à l’alcool et aux médicaments, avec une prise en charge impliquant une remise en forme physique. Le Mazurel s’occupe des patients sujets à des troubles de l’attachement, comme l’abandon, les liens avec les parents. Le Trieu est spécialisé en troubles cognitifs. On y traite, par exemple, les démences. Enfin, le Mesnil est une unité de quinze lits pour patients faisant état d’un double diagnostic, à savoir handicap mental et trouble psychiatrique."

Ce dimanche, entre 11 h et 18 h, le public pourra découvrir les unités de soin et les structures dites transversales mises en place, comme Convivi’Ath, espace visant à rompre la solitude. Une présentation des ateliers et des projets (club des artistes, espace bien-être) sera assurée. Au programme aussi, des animations pour enfants, des spectacles de rue et le concert de Jeff Danès à 17 h 30