Tournai-Ath-Mouscron

Le château a pu être daté. Un chantier de consolidation des maçonneries y est mené

NÉCHIN Les ruines du château de la Royère à Néchin sont actuellement entourées d’échafaudages. Des travailleurs les occupent, dans le cadre d’un stage de consolidation des maçonneries anciennes en pierre. Il est organisé par la cellule de stages du Centre des métiers du patrimoine de la Paix-Dieu, en partenariat avec la direction de l’Archéologie et le service de maintenance de la direction de la Restauration du département du Patrimoine du SPW.

Grâce à divers sondages, et l’analyse de céramiques et de squelettes, “nous sommes parvenus à dater le château” , indique Isabelle Deramaix, archéologue au SPW. “Il a été construit à la fin du XIIe siècle. La première enceinte a été détruite et la seconde a été bâtie entre la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle.”

Si l’on ignore qui a commandé la première construction du château, on sait aujourd’hui que la commande de cette seconde enceinte est française. “Elle correspond d’ailleurs à la politique de Philippe Le Bel qui a conquis la Flandre au début du XIVe siècle et qui a fait construire des citadelles à Lille, Courtrai, Bruges,… Le site est donc devenu militaire.”

Isabelle Deramaix indique encore que le château de la Royère est de forme décagonale, qu’il y avait des tourelles, et un très beau jeu de moulures. “C’était raffiné pour l’époque, très esthétique.”

Lorsque le site n’a plus revêtu d’importance militaire, il a été délaissé. Mais les actuels propriétaires du site, la famille Moulin, ont voulu éviter que le monument et ses abords, classés, ne se dégradent. Le site sera inscrit sur la liste des biens de l’Institut wallon du patrimoine (IPW) lors de sa dernière révision. D’où le lancement de ce premier chantier.

Car il y en aura d’autres. “Il y aura plusieurs stages, avant de songer à une restauration plus globale, voire à une mise en valeur touristique du site. C’est à voir dans le futur, mais le but est clairement de faire revivre ce site” , concluront Amandine Even et Thomas Deruyver, de la cellule des Missions immobilières au sein de l’IPW.



© La Dernière Heure 2012