Tournai-Ath-Mouscron

Certains étals sont coutumiers de la braderie de Tournai depuis des années, voire des décennies. Pourtant, rien n'assure qu'ils feront encore long feu. La relève ne se bouscule pas derrière chacun de ces marchands habitués.

Depuis l'ouverture des frontières, Jean-Claude Miroir installe son stand chaque année à la braderie de Tournai.
© Florentin Vincke
Jean-Claude Miroir, 73 ans, a fait la route depuis Arleux, au sud de Douai, pour étendre son ail et ses légumes sur son présentoir.

Au début des années 1990, il a profité de l’ouverture des frontières pour s’installer une première fois à la braderie de Tournai. "Ce n’est plus la braderie que j’ai connue au début, où les allées étaient pleines à partir de 9 h jusqu’au soir. Cela se perd", regrette-t-il.

Pourtant , le beau temps a fait son œuvre, et ameuté du monde depuis le beffroi jusqu’à la gare.

L'organisation a tenté au maximum de limiter la coupure de la braderie par le Pont-à-Pont en travaux.
© Florentin Vincke
Et malgré la coupure avec le Pont-à-Pont en plein travaux, les machands installés près de l'église Saint-Brice ne se sentent pas trop à l'écart, et profitent du provenant de la gare.

Luc Oyen sillonne les marchés et braderies de Belgique avec ses stocks de chaussettes.
© Florentin Vincke
Luc Oyen tient son stand aux pieds de l'église Saint-Brice depuis près de 30 ans. Ce Gantois d’origine y vend ses stocks de chaussettes. Un métier qui "paraît facile, mais il faut un concept pour que ça marche. Il faut vendre le produit, pas juste servir le client". Et servir, c’est aussi parfois marchander. "Les prix sont clairement affichés. Si des clients tentent d’avoir une réduction de manière sympa, je leur accorde. Mais s’ils s’imposent en réclamant un prix, ça ne marchera pas." Tout un art.

Car les marchands doivent aussi s’y retrouver, entre le prix de l’emplacement et le coût du déplacement.

Le miel, c'est une affaire de famille depuis 1922 chez les Goossens. Depuis 1969, ils sont présents à Tournai le deuxième lundi de septembre.
© Florentin Vincke
Fabrice Goossens est installé à Bruxelles, où il vend ses produits à base de miel.

Il fait les marchés hebdomadaires dans la capitale, mais la braderie de Tournai constitue sa seule expédition hors région bruxelloise. "Mon papa est venu ici pour la première fois en 1969." Depuis, il perpétue la tradition.

À 40 ans, il se considère comme l’un des plus jeunes marchands ambulants. "Il n’y a pas de renouvellement. Le métier de marchand est devenu un métier marginal. Cela fait des siècles qu’il existe, mais il n’est pas reconnu. Certains deviennent marchands par dépit, car ils n’ont pas de boulot."

Lui partage la passion qui anime ces marchands historiques de la braderie de Tournai, une particularité qui fidélise certains clients. Le bonbon au miel offert après chaque achat aide sans doute aussi.

"La braderie, il faut que ça fasse souk."

Michel Leclercq, l’un des organisateurs de la braderie, issu de l’association des commerçants, se félicite de la densité des échoppes dans les rues. "La braderie, il faut que ça fasse souk." Trois-cents ambulants ont donc pris possession des rues de Tournai, sans empiéter sur les devantures des magasins. L’échevine du commerce, Ludivine Dedonder (PS), précise que "depuis vendredi, les commerçants ont eu l’autorisation de s’installer devant leur magasin". Une opportunité trop peu exploitée selon Michel Leclercq. Pourtant la braderie amène de nouveaux clients potentiels, comme le soutient Ludivine Dedonder. "Cela ramène des gens en centre-ville, qui découvrent parfois des magasins qu’ils ne connaissaient pas. Les établissements Horeca en profitent également, en proposant des moules, par exemple."