Tournai-Ath-Mouscron Ses constructions commencent à prendre de l’âge, mais elles sont toujours debout et fonctionnelles pour certaines

Il a quitté ce monde il y a 57 ans, mais il influence encore et toujours la vie quotidienne de beaucoup de Mouscronnois. Jules Geldhof a été architecte communal urbaniste de 1920 à 1957. Un travail colossal a été effectué durant ces années.

Il faut revenir dans le contexte historique. C’est l’entre-deux-guerres et beaucoup d’ouvriers flamands s’installent dans la région.

C’est l’explosion démographique car de 24.000 habitants, on passe à 37.000. La ville a alors un gros besoin de nouvelles infrastructures. La situation politique facilitera les choses car Mouscron gardera la même majorité de 1921 à 1938 avec Joseph Vandevelde, le bourgmestre de l’époque.

"On a vu l’émergence de nombreux quartiers comme le Tuquet et le Nouveau-Monde. C’est en tout, plus de 2.000 logements publics et privés qui ont émergé avec Jules Geldhof", explique Églantine Braem, diplômée en histoire de l’art et archéologie qui a réalisé de nombreux travaux récents sur le sujet.

Ces nouveaux Hurlus devaient se loger mais aussi se déplacer. L’installation du premier plan de mobilité prend place avec 80 rues pour 45 km de voiries. Les rues du Progrès, de la Solidarité, de l’Union, de la Paix ou Roger Salengro sont des exemples de réalisation du coordinateur des travaux.

Jules Geldhof ne s’arrête pas là. Le château d’eau, toujours en fonction à l’heure actuelle, est installé. En tout, cet édifice permet de desservir 60.000 personnes. On voit l’arrivée de nouvelles écoles comme celles du Tuquet, du Nouveau-Monde et du Mont-à-Leux, maintenant devenue l’école Raymond Devos.

"Il fonctionnait avec des plans types qu’il ajustait pour les éventuels agrandissements. L’ensemble des constructions de Jules Geldhof sont encore debout aujourd’hui. Son style peut parfois être jugé comme fonctionnel et pas très artistique, mais c’est le reflet de la période de l’entre-deux-guerres où il n’y avait pas beaucoup de budget", ajoute Églantine Braem qui a récemment travaillé avec la société d’Histoire et Hainaut Seniors.

On doit encore de nombreuses constructions à l’urbaniste comme l’annexe de l’hôtel de ville ou encore l’indéboulonnable ancienne piscine. Là où tous les Hurlus de plus de trente ans ont appris à nager.