Tournai-Ath-Mouscron La décision a été rendue ce mardi par le tribunal correctionnel de Tournai.

Lors de l'audience du 20 décembre dernier, le tribunal correctionnel de Tournai a dû se pencher sur une affaire assez spéciale. En effet, Claude B., un homme originaire de Herseaux et âgé de 67 ans, se retrouvait à la barre suite à des coups portés à l'égard d'un journaliste du groupe Sudpresse.

Les faits s'étaient ainsi produits le 20 juillet 2015 au sein de la rédaction mouscronnoise du journal Nord Éclair. Le prévenu s'y était rendu dans le but de s'expliquer quant à la parution d'un article parlant des ennuis judiciaires de son fils et dans lequel une coquille s'était glissée.

"Les gens de ce journal ont écrit des choses fausses sur mon fils, alors en prison pour des choses qu'il n'avait pas faites. J'ai été les trouver pour leur dire. Quinze jours plus tard, ils recommençaient en disant que mon fils avait déjà été condamné pour viol, ce qui est complètement faux. J'ai appris en même temps que mon fils était décédé, il s'était pendu dans sa cellule. J'étais donc très énervé. Je n'en voulais pas spécialement au journaliste que j'ai frappé mais à tout le monde."

Effectivement, le journaliste qui a reçu des coups n'est absolument pas à l'origine de l'article en question et donc encore moins de cette coquille transformant le mot vol en viol. Il a tout de même reçu de nombreux coups. "Que se serait-il passé si mon client n'avait pas pu s'enfermer dans le jardin situé à côté de son bureau ?", se questionnait d'ailleurs Me Saerens, l'avocat du journaliste.

Six mois de prison étaient requis par le parquet. Du côté de Me Rivière, qui défendait les intérêts du prévenu, la suspension du prononcé était requise. "La coquille qui a été commise a eu de grosses répercussions quand on sait le sort réservé en prison aux détenus impliqués dans des faits de moeurs. Mon client était ivre de colère ou de douleur en apprenant que son fils s'était pendu en prison. C'est inadmissible, il a frappé un homme qui n'avait rien à se reprocher. Je plaide la suspension du prononcé car il ne faut pas ajouter du drame au drame..."

Le tribunal a finalement suivi la requête du bâtonnier en prononçant son jugement. "Il faut remettre les faits dans leur contexte", assurait le président du tribunal.