Tournai-Ath-Mouscron Une étude de l’Observatoire de la Santé du Hainaut pointe le manque d’activité physique de nos enfants

Nos jeunes Hainuyers font trop peu d’activité physique et restent de trop longues heures en position assise devant les écrans.

C’est ce qui ressort d’une enquête menée dans notre province. Le rapport de cette enquête met aussi en lumière des inégalités sociales de santé en matière de pratique de l’activité physique et d’accès aux infrastructures sportives.

"Le niveau bas d’activité physique et la sédentarité croissante représentent un défi majeur pour la société actuelle", constate l’Observatoire de la Santé du Hainaut.

Ils ont mené une enquête dans des écoles primaires et secondaires. Il en ressort que la plupart des jeunes n’avaient effectué aucune séance d’activité physique d’au moins trente minutes d’affilée la semaine précédant l’enquête.

Pourtant, en 2014, 51 % des jeunes signalaient faire partie d’un club sportif. Mais cette proportion diminue avec l’âge. Un certain nombre d’adolescents abandonnent leur sport favori parce que l’activité de leur club est trop orientée vers la compétition.

"Pour maintenir ces jeunes physiquement actifs, il est important de repenser l’offre sportive et ses finalités pour tous dès le plus jeune âge plutôt que favoriser l’émergence d’une élite", affirme l’Observatoire de la Santé du Hainaut.

Le rapport mentionne aussi "que l’entourage immédiat des jeunes est déterminant dans leur niveau d’activité physique et de sédentarité. La pratique d’activité physique augmente avec les encouragements que les jeunes reçoivent de leurs parents et a fortiori, la pratique sportive de ces derniers. Les jeunes sont également plus actifs en dehors de l’école lorsqu’ils sont entourés d’amis".

L’attrait pour le cours d’éducation physique à l’école est en lien avec le niveau d’activité physique. Or, selon l’étude, un certain nombre d’écoles ne disposent pas d’infrastructures adéquates. En effet, 19 écoles secondaires sur 34 interrogées se plaignent de ne pas avoir suffisamment de salles pour organiser leurs cours.

Le sport, c’est aussi parfois se bouger au quotidien. Chaque jour, on voit des parents qui déposent leurs gosses à la porte de l’école alors qu’ils pourraient faire le déplacement à pied ou à vélo.

"Environ un jeune sur quatre (23 % des sondés), à 11 ans, se rend à pied ou à vélo à l’école. Cette proportion diminue de 11 % chez les jeunes de 13 ans et de 14 % chez les 16 ans."

Il est vrai que les aménagements routiers et l’état des chaussées, comme à Tournai et contrairement à la Flandre, ne favorisent guère le déplacement sécurisé à vélo.

Mais le manque d’activité physique est aussi lié aux longues présences des enfants devant la TV ou l’ordinateur. "Le nombre de jeunes qui consacrent quatre heures et plus à l’ordinateur ou la console de jeux les jours sans école a augmenté à tous les âges. Ces proportions passent de 15 % à 27 % pour les 11 ans et de 30 % à environ 55 % pour les 13 et 16 ans. Pas moins de 86 % des jeunes de 11 ans et 98 % des jeunes de 13 et 16 ans surfent sur Internet ou les réseaux sociaux."

Le rapport attire aussi l’attention sur le fait que plus la situation socio-économique des jeunes est défavorable, plus leur niveau d’activité physique diminue. "Lutter contre les inégalités sociales est donc un élément important pour améliorer la santé des populations", avance l’Observatoire de la Santé du Hainaut. Il reste à espérer que ce rapport soit lu par les candidats aux prochaines élections…

La randonnée ou du jogging

Selon l’Observatoire de la santé, l’activité physique est généralement associée à des comportements favorables à la santé : un régime équilibré, une absence de consommation de tabac chez les aînés, un sommeil suffisant et réparateur. Les jeunes plus sédentaires ont quant à eux un régime alimentaire moins équilibré, s’orientent plus facilement vers des consommations plus ou moins régulières de tabac ou d’alcool, mais souffrent également d’une insuffisance de sommeil. Cependant, il existe un lien entre le fait de faire de la compétition et celui de prendre des produits pharmaceutiques pour améliorer les performances sportives. La proportion de jeunes qui déclarent prendre des produits pour améliorer les performances sportives est près de trois fois plus importante lorsqu’ils font de la compétition (11 % contre 4 % lorsqu’ils n’en font pas). L’enquête montre que 52 % des jeunes qui ont fait au moins une séance d’activité physique font de la marche, de la randonnée ou du jogging. La deuxième activité la plus représentée est le vélo ou le vélo tout-terrain (45 %). Les sports de ballons (collectifs) sont pratiqués majoritairement par des garçons. Les activités domestiques (nettoyage, jardinage…) concernent 35 % des jeunes.