Tournai-Ath-Mouscron À partir de ce 16 mai, les bars du centre-ville de Mouscron devront fermer de 3 h à 6 h durant un mois

C’est une mesure qui va faire grand bruit qui a été adoptée par le conseil communal mouscronnois. En effet, dès ce mercredi 16 mai, et ce, pour une période d’un mois, les bars de la zone du centre-ville devront fermer leurs portes de 3 h à 6 h à la suite d’un arrêté de police. Une décision qui a été prise à cause d’une dégradation de la situation générale en ville en matière de trouble à l’ordre public.

"Je retrouve actuellement la situation que j’ai connue au début de mon mandat et qui s’était grandement améliorée jusqu’à il y a peu", déplore le commissaire divisionnaire de Mouscron Jean-Michel Joseph. "On parle de faits troublants la tranquillité publique. On retrouve donc des faits d’ivresse, de tapage et de bagarre. Fréquemment avec des gens désinhibés pouvant déployer beaucoup de violence."

Les chiffres transmis dans un rapport au collège communal sont en effet assez interpellants. Ainsi, du 1er janvier 2017 au 28 février 2018, le nombre de faits troublant la tranquillité publique s’élève à 333. On grimpe même à 389 en actualisant ce nombre au 7 mai dernier !

"Le secteur concerné est le centre-ville. Ces faits sont liés au caractère attractif de cette zone car des débits de boisson y sont ouverts jusqu’aux petites heures, et pour certains des heures matinales", rappelle le commissaire Joseph. "Des interventions policières, on en compte en moyenne 31 sur la journée. Eh bien, durant certains créneaux horaires de la nuit, on compte parfois plus d’intervention que sur toutes les plages horaires de la journée !"

La mesure va donc être appliquée pour une phase test pendant un mois à la suite des nombreuses sollicitations de policiers confrontés à ces situations mais également de riverains. "Ces derniers en ont assez. Ils ne dorment plus avec les personnes qui hurlent sur la place aux petites heures."

La police ne craint en tout cas pas de voir le phénomène se déplacer vers un secteur pas concerné par cette mesure. "Il y a plusieurs années, on a pris ce type de mesure sur la place de la Justice et nous n’avons pas connu de déplacement."

Après ce mois test, les autorités tireront les conclusions de la mesure.

Les patrons des bars concernés par la mesure ne comptent pas se laisser faire

Cette mesure de fermeture fait énormément réagir les patrons des établissements concernés. Ce lundi soir, ils étaient d’ailleurs nombreux à s’être déplacés à l’occasion de la séance du conseil communal où le point était abordé.

Parmi eux, on retrouvait Charles Coussement, patron du Donaldson. "On nous demande de tenir nos établissements en bon père de famille, ce que l’on fait tous dans 99 % des cas. Pourtant, avec cette mesure, on met tout le monde dans le même sac", déplore le patron du café très connu et populaire au sein de la cité des Hurlus.

"Avant les mesures ciblaient les cafés à problèmes allant même jusqu’à leur fermeture. Aujourd’hui, nous sommes tous sanctionnés ! Déjà que nous ne sommes pas aidés avec les travaux, on va droit vers notre mort avec cette mesure."

Comme d’autres, Charles Coussement ne croit pas à un simple test. "Il ne faut pas se leurrer, les résultats de cette phase test vont comme par hasard beaucoup leur plaire et cette mesure sera définitivement adoptée."

Le Donaldson compte encore beaucoup de clients après 3 h. "Et ce n’est pas une mauvaise clientèle ! Il s’agit de personnes qui viennent de terminer leur travail, leur service et avec qui tout se passe bien. Les autorités ne parlent que de l’alcool mais le vrai problème est lié à la drogue et nous luttons contre cela !"

Les tenanciers ne comptent en tout cas pas se laisser faire. "Nous avons entendu le commissaire Joseph dire que cette démarche n’était pas légale. Nous n’attendrons donc pas sans rien faire !"