Tournai-Ath-Mouscron Les rapports de la police et de l’UBEA concluent à l’absence d’infraction sur le bien-être animal

Comme il s’y était engagé dès son retour de vacances, le bourgmestre de Lessines a tenu à s’exprimer au sujet des suspicions de maltraitance animale chez ce marchand de bestiaux d’Ogy qui, hélas, traîne derrière lui un lourd passé judiciaire en la matière. "Comme beaucoup de citoyens, j’ai été interpellé et ému en découvrant les images de ces chevaux amaigris, mais la fonction de bourgmestre requiert avant tout de respecter la loi", confie Pascal De Handschutter.

Ce dernier a d’abord tenu à rappeler la chronologie des faits. "Après les premiers échos médiatiques, la police locale s’est rendue sur place le 9 août dernier et n’a constaté aucun cas de maltraitance. Le rapport de police fait état d’animaux plus gras, dont le propriétaire déclare qu’ils sont destinés prochainement à l’abattoir, ainsi que de trois chevaux plus maigres qui, selon l’intéressé, sont arrivés récemment chez lui pour entamer un cycle d’engraissement."

Le maïeur poursuit en confirmant que les éléments administratifs établis par les forces de l’ordre ne concluent pas à l’existence de maltraitance. Mais vu la polémique grandissante, la police a décidé de faire appel à l’unité du bien-être animal de Wallonie (UBEA) pour disposer d’un avis complémentaire et spécialisé. Le lendemain, cette cellule a dépêché à Ogy plusieurs inspecteurs, dont un docteur et un vétérinaire. Leur rapport signalait la présence de chevaux dans un bon état général, dont certains sont plus âgés. Deux d’entre eux sont dans un état qualifié de cachectique mais font l’objet d’un suivi vétérinaire à charge de l’éleveur. La conclusion du rapport de l’UBEA concorde avec celle de la police et ne justifie pas de mesure de saisie.

Le bourgmestre insiste encore sur les circonstances d’une saisie dans ce cas. "Au regard du droit, une telle décision ne trouverait aucun fondement. Un tribunal l’invaliderait avec des risques de condamnation de l’autorité communale à des dommages et intérêts en faveur de cet éleveur qui exerce une activité économique d’élevage de chevaux destinés à la consommation. Jusqu’à preuve du contraire, celle-ci n’est pas prohibée par la loi."

Il rappelle enfin que le nouveau décret wallon permet aux bourgmestres de procéder à une saisie administrative et non judiciaire en cas de maltraitance animale. "Celle-ci n’est toutefois permise qu’en cas d’infraction constatée, ce qui n’est pas le cas ici, et après audition du responsable."