Tournai-Ath-Mouscron Des jeunes du centre, transportés dans un autre convoi, ont vu l’explosion dans les rétroviseurs

"L’Espéranderie est en deuil. Tout le personnel et les résidents sont choqués. C’est un véritable drame humain. Je n’avais jamais connu ça en 37 années à la tête de l’institution", déplore toujours sous le choc le directeur, Louis-Philippe Bourdon. Cette excursion estivale au lac de l’Eau d’Heure s’était admirablement bien déroulée pour les jeunes de l’Espéranderie, une institution qui héberge des jeunes enfants et adolescents présentant un retard mental. Jusqu’à ce qu’un terrible drame s’abatte sur eux.

Sur la route du retour, l’une des deux camionnettes du centre a croisé la route d’un tracteur à hauteur de Rouveroy, sur la N40. Puis tout s’est enchaîné très vite : un choc frontal puis un embrasement presque instantané des deux véhicules.

Le constat est dramatique. L’accident a fait deux morts : Séverine Bouchez, l’éducatrice de 46 ans qui était au volant de la camionnette, et Antoine Petit, l’un des passagers, un jeune résident de 19 ans venu de la région parisienne. Ils ont tous les deux été tués sur le coup. Le jeune garçon avait pris place juste derrière Séverine.

Quatre autres jeunes étaient présents dans la camionnette et ont été miraculeusement extirpés. " Un pompier qui passait par là s’est arrêté et a pu les sortir tous les quatre avant que le véhicule n’explose", précise Louis-Philippe Bourdon, le directeur de l’Espéranderie, l’institut médico-pédagogique situé à Bon-Secours (Péruwelz).

Blessés à des degrés divers, les jeunes ont tous été dispatchés dans différents hôpitaux de la région. Trois ont déjà pu quitter la clinique et retourner au centre : l’un dès lundi soir, les deux autres ce mardi matin. Le quatrième en revanche est toujours hospitalisé. "Il a été opéré pour plusieurs lésions et fractures sévères mais ses jours ne sont plus en danger, témoigne le directeur. Il devra faire de la rééducation mais il s’en sortira."

Quant au conducteur du tracteur, il a également quitté l’hôpital mais se trouve dans un état de choc profond. Au lendemain du drame, c’est tout le centre l’Espéranderie qui était abasourdi et choqué. En particulier l‘éducateur et les autres résidents qui se trouvaient dans l’autre camionnette qui circulait déjà un peu plus loin au moment de l’accident. "L’éducateur a vu cette explosion dans son rétroviseur. Il a directement fait demi-tour pour venir en aide aux autres mais n’a rien pu faire. Il est très choqué."

Une aide psychologique a été mise en place pour tous les résidents ainsi que pour le personnel et les familles. "Les parents des jeunes sont revenus de France (NdlR : tous les résidents sont Français). Il faut désormais penser à l’avenir et à l’organisation des funérailles."

Quant aux circonstances précises du drame, elles ne sont pas encore totalement déterminées même s’il apparaît que c’est la camionnette qui a dévié de sa trajectoire avant de heurter le tracteur. Le parquet de Charleroi, en charge du dossier, s’exprimera davantage ce mercredi après avoir analysé tous les PV et témoignages recueillis.