Tournai-Ath-Mouscron Louis-Philippe Bourdon part à la retraite et a été mis à l’honneur à Péruwelz

Louis-Philippe Bourdon continuera à entendre hurler les sirènes, mais plus de la même manière depuis ce lundi soir. Le lieutenant des pompiers de la caserne de Péruwelz part à la retraite après une riche carrière. Il a été mis à l’honneur par l’amicale des pompiers de Péruwelz à l’occasion d’une petite réception qui s’est tenue sur le site de l’arsenal, rue Castiau.

C’est fin 1992 que Louis-Philippe Bourdon est arrivé à la caserne péruwelzienne. "D’abord comme sapeur-pompier. Dans les mois qui ont suivi, une procédure de recrutement d’officiers était organisée. J’ai postulé et j’ai été sélectionné comme sous-lieutenant stagiaire. Voilà comment j’ai débuté mon parcours."

En 2004, il est appelé dans le bureau du bourgmestre. Il lui est alors demandé d’assurer temporairement la responsabilité du service suite à des soucis internes. L’intérim est prévu pour deux mois, sur juillet et août. En septembre 2004, un officier professionnel devait être désigné. Il n’en sera rien. Et l’aventure du lieutenant Bourdon à la tête du poste de Péruwelz aura finalement duré près de 15 ans !

Originaire de Wiers, Louis-Philippe Bourdon aura toujours conservé son statut de volontaire. Au sein de la zone Wapi, il doit être le plus ancien chef de poste. Il ne sait pas encore officiellement qui va lui succéder. Ce devrait être un professionnel. "Mon successeur n’est pas désigné. Soit parce qu’il y a beaucoup de bons candidats ou alors parce qu’il n’y a pas assez d’intérêt pour le poste. Je penche pour la première hypothèse. Il y a beaucoup de personnes compétentes au sein de la zone."

Le lieutenant Bourdon, au moment de prendre congé de ses hommes, s’est dit enrichi par les relations nouées avec eux. "Quand on rentre comme pompier puis comme responsable du service, on ne sait pas trop ce qui nous attend. Mais seul, on ne sait rien faire. J’ai eu de la chance de vous avoir. J’ai parfois veillé à garder l’église au milieu du village. Je retiens surtout votre parfaite collaboration."

Trois femmes tuées par un chauffard

L’homme n’est pas du genre à montrer ses sentiments en public. Pourtant, son émotion était perceptible au moment de trinquer à sa retraite.

et accident a marqué Louis-Philippe Bourdon, comme le décès de Cédric Hot

Louis-Philippe Bourdon entend consacrer plus de temps à sa famille. "La fonction est prenante. Et le volet intervention n’est au final que la partie apparente d’un énorme iceberg."

S’il devait retenir un moment marquant de sa carrière, le lieutenant Bourdon citerait un accident survenu fin 2011 sur l’autoroute à hauteur de Péruwelz. "Une voiture dans laquelle se trouvaient plusieurs jeunes dames avait été percutée par un chauffard. Trois de ces jeunes femmes sont décédées. Je ne m’attendais pas, sur place, à découvrir une scène pareille. C’était choquant. En allant chercher l’autoroute, j’avais vu un véhicule accidenté au fossé à Callenelle. J’ai appris plus tard qu’il s’agissait du chauffard, qui avait pris la fuite. De manière générale, ma hantise était de tomber sur une victime que je connaissais. C’est arrivé une fois, lors de la mort du footballeur Cédric Hot."

Les formations des pompiers ont évolué car la société a évolué aussi. "Avec l’arrivée du photovoltaïque ou de la voiture électrique par exemple, des paramètres qui n’existaient pas avant", assure Louis-Philippe Bourdon, qui n’oublie pas non plus sa collaboration avec Patrick Petit quand le poste avancé de Wiers existait encore.

G.Dx