Tournai-Ath-Mouscron Plus de 100 personnes travaillent dans les six ressourceries de la région

Le réemploi de biens qui auraient pu terminer leur route dans les recyparcs permet de produire moins de déchets. C’est un atout pour l’environnement, mais pas seulement.

L’économie circulaire permet aussi de créer de l’emploi. "Nous avons commencé en 2004 et nous avons maintenant cinq sites en Wallonie picarde : Tournai, Froyennes, Mouscron, Ath et Lessines. Nous avons aussi des points vélo aux gares de Tournai et d’Ath", explique David Squire, responsable des ressourceries Le Carré. "Un volet important de notre réseau, c’est la réinsertion socioprofessionnelle des chômeurs de longue durée. Nous employons aujourd’hui 78 personnes dont 34 en CDI."

Quant à l’équipe de la Poudrière, une ressourcerie qui existe à Péruwelz depuis plus de 40 ans, elle compte 25 travailleurs et 25 bénévoles. "La ressourcerie, c’est aussi offrir une seconde vie aux personnes", souligne Yves Dosimont. "C’est le caractère fondamental du travail des ressourceries sociales, de l’économie sociale. C’est employer des personnes en marge de la société. Nous avons été dans le mouvement du développement durable sans le savoir. Nous vivons de notre travail, sans subside, avec l’aide, l’apport d’Ipalle. Ce sont les ventes en magasin qui nous permettent de vivre."

Et les ressourceries de la région ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Un nouveau site devrait prochainement voir le jour à Antoing.

Les ressourceries songent également à explorer un domaine dans cette économie circulaire des déchets à la vente : la restauration. Ipalle collabore déjà aujourd’hui avec R.APP.EL et Défi + qui emploient des personnes pour retaper du matériel électroménager et la Poudrière dispose de deux menuisiers pour remettre à neuf des meubles. Mais ce domaine est encore sous-exploité. Et cela permettrait de créer encore plus d’emplois.

L’intercommunale Ipalle collabore depuis 11 ans avec des ressourceries

Un salon plutôt vintage a été installé ce mercredi dans la salle des pas perdus de la gare de Tournai. Il était mardi à Mouscron et ce jeudi à Ath.

Ce salon vise à sensibiliser les citoyens au réemploi et à l’économie circulaire. Il a été installé par l’intercommunale Ipalle et les ressourceries de la région, cinq du réseau Le Carré (Tournai, Froyennes, Mouscron, Ath et Lessines) et celle de la Poudrière à Péruwelz.

Ipalle a noué un partenariat avec les ressourceries depuis 11 ans maintenant. "Dans les recyparcs, nous trouvons trop d’encombrants qui pourraient être réutilisés", souligne la présidente Ludivine Dedonder (PS). "Cela représente près de 10.000 tonnes pour les recyparcs de Wallonie picarde alors que la plupart des biens jetés pourraient être réutilisés dans une ressourcerie. Ce sont des jouets, des livres, de la vaisselle, des meubles, des textiles… Ces objets pourraient être réutilisés."

Ces biens peuvent être directement donnés aux ressourceries de la région. Les citoyens peuvent également les appeler pour demander un retrait, gratuit, de ces biens à leur domicile.

1.700 tonnes de biens qui auraient pu terminer leur vie dans les recyparcs ont ainsi été récupérées en 2016. 75 % de ces biens ont pu être remis dans le circuit pour être vendus dans les ressourceries. C’est autant de biens qui ne doivent pas être incinérés, ce qui coûte à l’intercommunale Ipalle et donc aux citoyens de la zone. "Pour quelques centaines d’euros, on peut ainsi se créer un salon", relève Ludivine Dedonder. "C’est intéressant pour les populations défavorisées mais finalement, ce sont toutes les couches de la population qui sont sensibles au réemploi. Le vintage est au goût du jour."

En plus de produire moins de déchets et de permettre à des ménages de s’habiller ou de se meubler à moindre coût, le réemploi permet de donner du travail à des personnes peu qualifiées (ci-dessous).

À noter que le réseau des ressourceries continue de s’étendre. Le CPAS a acquis un bâtiment dans la Grand’Rue à Antoing pour y installer une ressourcerie supplémentaire