Tournai-Ath-Mouscron La hausse du prix du tabac en France pourrait engendrer la création de nouveaux tabac-shops le long de la frontière.

Le nouveau gouvernement français a annoncé une hausse importante du paquet de cigarettes. Il coûtera 10 € dans trois ans au lieu d’un prix moyen de 7 € aujourd’hui pour 20 cigarettes. En Belgique, ce prix moyen est d’environ 6 €.

Si le prix ne bouge pas en Belgique, cette augmentation en France risque de grossir le flot de voitures de fumeurs vers la Belgique et la zone frontalière. "Cela ne va pas régler le problème, c’est certain", commente la commissaire Christine Noterdaem de la zone de police de Mouscron.

"Quand nous connaissons déjà aujourd’hui le succès des magasins de tabac le long de la frontière, de Comines à Péruwelz, nous pouvons penser qu’il y aura encore plus de clientèle dans le futur", ajoute le chef de corps de la zone de police du Val de l’Escaut (Estaimpuis, Pecq, Celles et Mont-de-l’Enclus). "Les clients viennent de loin. Quand je travaillais à Mouscron, nous avons, par exemple, rencontré des clients de la région parisienne qui allaient remplir leur camionnette de cigarettes. Des clients qui avaient organisé des commandes groupées."

Et si la différence de prix du tabac grimpe à 4 € entre la France et la Belgique, certains aspirants-commerçants vont flairer le bon coup et ouvrir de nouveaux tabac-shops.

Or, les polices locales ont déjà fort à faire aujourd’hui avec certains magasins de tabac qui peuvent être la cible de braqueurs. Certains commerces cachent aussi d’autres choses : blanchiment d’argent, traite d’êtres humains… Tous ne sont pas suspicieux, mais cette problématique nécessite la plus grande vigilance des polices locales qui mènent de fréquents contrôles.

Les polices du Val de l’Escaut et de Mouscron sont très attentives à la problématique. Elles réalisent des contrôles réguliers, parfois accompagnées par les SPF Sécurité sociale et Santé publique. Des commerces ont été mis à l’amende ou même fermés, notamment à Néchin et à Pecq.

Les polices locales continuent de mettre la pression sur les magasins de nuit qui peuvent techniquement rester ouverts 24 h/24. Mais, si le gouvernement fédéral ne bouge pas, c’est peine perdue.

"À partir du moment où, pour faire simple, les magasins de nuit sont interdits par les préfectures en France et où le fédéral en Belgique ne donne pas de pouvoir aux autorités locales pour limiter les heures d’ouverture, face à la loi sur la liberté de commerce, nous ne nous en sortirons pas", conclut Christine Noterdaem.