Tournai-Ath-Mouscron


L’ASBL Mission locale pour l’emploi de Péruwelz (MSLE) assure un accompagnement. Il s’agit de remobiliser vers l’emploi des personnes n’ayant plus d’occupation professionnelle depuis un moment. Des jeunes de 18 à 25 ans font partie de ce public mais toutes les tranches de la population en âge de travailler sont touchées. Et si l’accompagnement se fait parfois de manière individuelle, il peut aussi se réaliser en groupe.

Ainsi, Grégory Cauvin à droite sur la photo), coordinateur de la MSLE, vient d’achever un collectif impliquant dix demandeurs d’emploi. "Nous répondons à des appels à projets du Forem et nous organisons un collectif de dix personnes deux fois par an", confie Grégory. "Nous avons en face de nous des gens qui reviennent de loin, parfois en pleine déprime. Il faut faire preuve d’empathie, de réflexion pour trouver la bonne piste de réinsertion pour chacun."

Et conjuguer plusieurs aspects de la personne : la santé, le psychologique, le psychiatrique, les finances. Se renseigner aussi pour voir si une intervention de l’AVIQ est possible.

"Nous avons passé entre 14 et 15 semaines ensemble, avec un petit séminaire en auberge de jeunesse. Humainement, c’est riche", poursuit Grégory Cauvin. "Le but est d’abord de se connaître. On rit. On pleure. Il ne faut pas voir ces gens comme des bons à rien. Mais chacun doit y mettre du sien. Jouer au Calimero, je n’aime pas ça. Le problème ne vient pas que des autres."

En fin de cycle, chaque participant partira une semaine en stage professionnel. Certains trouvent leur voie. D’autres en découvrent une. "Une dame qui était sans travail depuis de longues années se destinait au secteur de la vente. Or, elle n’avait pas de patience. Après discussion, elle a changé de secteur et a trouvé chaussure à son pied."

Jeux de rôles et tests de personnalité font partie du panel. La question de la mobilité du demandeur d’emploi est importante aussi. D’où l’importance de passer son permis.

La MSLE travaille en étroite collaboration avec les maisons de l’emploi de Péruwelz, Basècles et Bernissart ainsi qu’avec le CPAS. Grégory n’hésite pas non plus à prendre des contacts en France, pays tout proche. Le travail est passionnant. "Mais il faut être un peu zèbre pour faire ce boulot", dit-il.

Salvatore a saisi sa chance

Boucher de formation, il a repris goût au métier après une période difficile

Grâce à ses contacts avec les entreprises, acquis au fil du temps, Grégory Cauvin sait qui joindre pour tenter de décrocher un stage pour un de ses protégés. Il n’a donc pas hésité quand il a rencontré Salvatore.

"C’est un exemple de réussite. Moi, mon rôle a été de le recommander. Après, c’était à lui de faire ses preuves. Et alors qu’il allait être radié au niveau de ses droits, il est reparti du bon pied. À la base, il est boucher. Mais il souhaitait faire autre chose. Mais mon message a été de lui dire que le métier de boucher était en pénurie et qu’il y avait sans doute une belle occasion à saisir. C’est ce qu’il a fait."

À 53 ans, Salvatore, après des soucis d’ordre privé et une période de galère professionnelle, reprend vigueur. "C’est par l’intermédiaire d’une amie que je suis entré en contact avec Grégory Cauvin. Un jour, il m’a sonné. Je dois avouer que je m’étais renfermé complètement depuis deux ou trois mois chez moi. Je n’ouvrais même plus le courrier, d’où cette menace de radiation."

Au passage, Salvatore en profite pour signaler que le Forem contrôle lui a fait une fleur. "La personne a vu que j’étais suivi au niveau de la Mission locale, que j’étais un demandeur d’emploi qui souhaitait se remobiliser."

Pourtant, pour Salvatore, la partie n’était pas gagnée d’avance. Mais le processus entamé à la Mission locale l’a boosté. "J’ai passé des tests de personnalité. La conclusion ? Que je devais aussi apprendre à dire non." Autrement dit, à ne pas se montrer trop gentil, trop bon.

Les deux semaines de stage dans un supermarché ont donné satisfaction. Salvatore a depuis été engagé une semaine, puis une semaine supplémentaire. Maintenant, il est parti pour un mois. Avant peut-être d’autres perspectives. "Je vais me battre pour garder ma place. J’ai été trois ans sans travail. Et j’ai repris goût à mon métier de boucher. Je n’avais pas peur de la relation avec les autres mais je me questionnais surtout sur mes aptitudes, mon rendement. À présent, je suis rassuré. Et même si le passé est toujours là, je regarde de moins en moins derrière moi."