Tournai-Ath-Mouscron Derrière ce festival pluridisciplinaire de retour à Enghien les 6, 7 et 8 juillet se cache un jeune organisateur inspiré et respecté

Le domaine d’Arenberg se prépare à accueillir le plus décontracté des festivals d’été organisés en Belgique. À l’approche de la 11e édition prometteuse de LaSemo, nous avons rencontré le jeune organisateur de cet événement à la fois musical et festif qui, en déménageant à Enghien, a trouvé un cadre idyllique pour se développer.

Comment est né le festival LaSemo ?

"LaSemo (LS) est né voici onze ans sous l’impulsion de quelques jeunes ayant fait le constat que le développement durable et l’environnement étaient souvent associés à de la privation, de l’austérité et que les événements nécessitaient une énorme débauche de moyens tout en produisant beaucoup de déchets. Ils ont alors voulu à la fois associer le développement durable à un moment festif et montrer qu’il était possible de s’amuser autrement."

Pourquoi avoir quitté Hotton pour Enghien ?

"Notamment pour permettre à LaSemo de se développer sur un site d’exception suffisamment grand. Par ailleurs, nous cherchions un lieu plus accessible pour notre public venant des quatre coins de la Belgique. La cité d’Arenberg jouit d’une situation géographique idéale. Et puis comment ne pas tomber sous le charme du merveilleux parc qu’elle abrite ?"

Combien faut-il de temps pour préparer un tel festival ?

"Un an de travail est nécessaire pour imaginer et ficeler une édition. Dès la clôture du festival, nos équipes se rendent à l’étranger pour découvrir de nouveaux artistes. Avant de plancher dès l’automne sur le prochain LS et de commencer à prendre tous les contacts nécessaires. L’organisation repose sur les épaules de 120 volontaires portant des dossiers, des responsabilités et des budgets (900.000 €) pendant toute l’année. Notre ASBL fonctionne avec neuf personnes salariées autour desquelles gravitent des stagiaires. Au total, le festival mobilise durant trois jours un bon millier d’individus dont 800 bénévoles."

En quoi LS se démarque-t-il des autres festivals d’été programmés en Belgique ?

"LaSemo est d’abord unique de part son offre multiple. Les concerts y sont minoritaires parmi les centaines de spectacles et animations mettant à l’honneur le théâtre, le cabaret, le cirque ou encore les arts de rue. Nous créons des espaces très variés comme un spa, une guinguette, un amusoir avec des jeux en bois et de société. LS se différencie aussi par sa dimension intergénérationnelle et son ambiance unique dans un cadre enchanteur."

Quel type de public ciblez-vous ?

"De nombreuses personnes viennent à LS pour faire la fête, mais le festival a également fidélisé les familles et les adultes qui souhaitent vivre un événement respectueux et cool. Mais c’est bien sûr réducteur car nous touchons, en vérité, énormément de publics différents."

Peut-on qualifier le LaSemo de festival Ecolo ?

"Ce serait là encore trop caricatural ! L’engagement sociétal de LS est basé sur six piliers forts. En l’occurrence, une démarche environnementale pionnière, une dimension sociale forte avec une attention pour les plus vulnérables, des retombées économiques locales et créations d’emplois, un projet culturel pluridisciplinaire unique, une dynamique de participation citoyenne et de coconstruction avec le public, les bénévoles et toutes les parties prenantes et, enfin, des rencontres intergénérationnelles."

Y a-t-il d’autres festivals qui vous enchantent ?

"Je suis touché par les festivals qui ont une âme, une identité et de l’audace. C’est la raison pour laquelle j’appréciais beaucoup Namur en Mai déjà avant d’en reprendre l’organisation. C’est une force qu’ont trop peu de festivals à mes yeux."

Est-ce important de recevoir des prix et des labels en lien avec le développement durable ?

"Pour nous, l’essentiel est de voir la satisfaction du public, d’entendre que LS est un événement dont ils ont besoin et qui leur fait du bien en ces temps parfois moroses. En matière de développement durable, nous apprécions de recevoir des prix et labels mais la véritable reconnaissance est de voir que nos efforts inspirent d’autres organisations. C’est la preuve que nous innovons et faisons un travail de qualité !"

propos recueillis par Bruno Deheneffe