Tournai-Ath-Mouscron

André Keirle, citoyen de Luingne de 82 ans, a été l’homme de confiance du bourgmestre de Mouscron Alfred Gadenne, assassiné ce lundi soir à l’âge de 71 ans. Il l’a accompagné depuis ses débuts en politique, en 1982.

"C'est un grand ami que je viens de perdre. Je ne comprends pas", glisse André Keirle. "Il s'est dévoué à Mouscron et aux citoyens. Il n’est jamais parti en vacances. Toute sa vie, c'était faire plaisir à tout le monde. Aux Mouscronnois surtout. Il était tout le temps à Mouscron. Sa maison, c'était Mouscron. Il allait à des réunions à gauche et à droite ailleurs mais dès qu'il quittait Mouscron, il n'était pas à l'aise."

"A Mouscron", poursuit André Keirle, "il se coupait en quatre pour être présent partout. À tous les enterrements et à toutes les festivités. Dans une salle, il faisait le tour pour saluer tout le monde. Il aimait bien ça. Il aimait le contact avec les gens. Et les gens aussi voulaient voir Alfred. Ce n’était pas un grand orateur mais il avait toujours un mot gentil pour tout le monde. Il ne faisait pas ça pour avoir des voix. Des voix, il en avait assez. Il aimait également rendre service. Sans en faire la publicité. Sans le dire sur tous les toits. Il ne cherchait pas les honneurs."

Tout ce qu’Alfred Gadenne s’octroyait, c'était quelques heures de sortie le dimanche après-midi, en dehors de Mouscron. Il rentrait aussi tous les midis pour manger avec son épouse. Le soir, il ne trainait pas longtemps après les réunions ou les conseils communaux. Il devait fermer le cimetière de Luingne. Rituel entamé il y a 15 ans. "Et il disait qu'il ne pouvait pas revenir parce que sa femme l'aurait vu. Le cimetière est situé juste en face de leur maison. C'était aussi peut-être une excuse pour être plus souvent auprès de sa femme. Il parlait souvent d'elle", glisse Fabrice Delwante, 54 ans, proche d’Alfred Gadenne.

Fabrice Delwante a été le facteur du village de Luingne pendant 25 ans. "Alfred voulait rendre service à tout le monde. Il s'est privé de tout pour sa ville et ses citoyens. Il ne prenait jamais de vacances. Jamais de repos. Sa vie, c’était Mouscron et les Mouscronnois."

"Alfred, c'était la bonté même, il n'aurait fait de mal à personne", glisse encore Fabrice Delwante. "Au contraire, si quelqu'un avait des problèmes, il aurait tout fait pour tout arranger. Il n'aimait pas voir les gens souffrir. D’ailleurs, si on avait pu sauver Alfred, il aurait pardonné son geste au meurtrier."

Vendredi, au souper du CDH de Mouscron, Alfred Gadenne avait annoncé qu'il participerait aux élections avant de céder sa place. Il voulait prendre du temps pour lui et son épouse. Et finalement, il n’aura jamais l’occasion d’en profiter.