Tournai-Ath-Mouscron

HERSEAUX

Stéphane Pauwels est tombé amoureux du football grâce… au boucher du village

PORTRAIT Malgré une courte nuit passée après l’incontournable rendez-vous du lundi, Studio1, Stéphane Pauwels est fidèle au rendez-vous. Le but n’était pas vraiment de parler football mais voilà, la passion est trop forte. Normal pour un homme qui a grandi dans le quartier des Ballons. “Un quartier très populaire où j’ai passé toute ma jeunesse”, raconte Stéphane.

Une jeunesse dont il garde d’excellents souvenirs. “Je me souviens des permanences que mon père organisait à la maison du peuple, du travail à la ferme avec mon frère décédé il y a dix ans. Chaque fois que j’y passe, je pense à lui”.

L’école de la communauté française aussi. “Mon père y était instituteur avant de devenir directeur. Ma mère était professeur de morale laïque. Je me souviens des cérémonies du 11 novembre, j’accompagnais mon papa qui faisait son discours chaque année. Je suis un peu mélancolique, ma femme me dit que je suis un vieux”.

Il y avait le sport. “Je jouais au basket et au football à Herseaux. Je passais mon temps libre à la salle de sport. Mon copain de l’époque est resté mon meilleur ami. Il est d’ailleurs le parrain de ma fille”.

Stéphane était-il déjà Pauwels ? “À cette époque, j’étais plutôt un écorché vif. J’étais quelqu’un de plutôt écrasé mais je faisais déjà le clown. Par contre, j’étais mauvais perdant et je retrouve ce caractère chez ma fille, c’est assez drôle. Je n’étais pas un révolutionnaire mais j’essayais d’aller au bout de mes idées”.

Brel a accompagné sa jeunesse. “Je me souviens de l’annonce de sa mort, ma famille était très triste. Brel faisait partie de notre éducation, de nos valeurs. Mon père me répétait souvent qu’il ne fallait pas jouer les riches quand on n’a pas le sou”.

Daniel Pauwels, ex-échevin mouscronnois, est un modèle pour son trublion de fils. “Mon père est un sage, un pédagogue, un vrai intellectuel. Avec lui, il ne fallait jamais rater les informations de 19 h 30 à la télévision. J’ai énormément de respect pour lui. Parfois, je me dis que j’ai dû lui faire passer de sales nuits. Je n’ai jamais eu de compliment de sa part mais je ressens sa fierté. Cela me suffit”.

Et le virus football dans tout ça ? “C’est Jean Delmarquette, qui était boucher à Herseaux, qui m’a donné le goût du football. Gamin, il m’emmenait voir le Racing et l’Union de Tournai avec lui. À l’époque, les stades étaient pleins à craquer”.

Âgé de 12 ans, le petit Stéphane a pris le train seul, pour aller voir le Standard en visite au Racing de Tournai. “Dans le train, j’ai rencontré un monsieur très gentil avec qui j’ai regardé le match. C’était le papa de Philippe Vandewalle. Il avait une photo de son fils et me l’a donnée en cadeau. J’en parle souvent à Philippe et son papa s’est souvenu de cette histoire. C’était un très beau cadeau”.

Stef a d’autres souvenirs. “Deux mélodrames. La défaite de l’Excel contre le Beerschoot, qui nous prive de la montée en première division. Il y avait tellement de monde que j’étais assis sur les blocs de béton. Ensuite, comment ne pas oublier la finale de la ligue des Champions à Barcelone entre Manchester United et le Bayern de Munich. Manchester met deux buts en deux minutes dans les arrêts de jeu et gagne 2-1. La femme de Michaël Schumacher pleurait comme un gosse derrière moi. Un très bon copain m’avait emmené voir ce match. Il est décédé il y a quelques mois”.



© La Dernière Heure 2009