Tournai-Ath-Mouscron Depuis 2012, Frédéric est englué dans un conflit ayant trait à l’hébergement

Depuis 2012, Frédéric, père de deux enfants mineurs, écrit et lit énormément. Il s’en passerait bien. Une affaire empoisonne son quotidien depuis 2012, date de son divorce. "J’ai toutes les preuves écrites ainsi que des enregistrements de ce que j’avance, dit-il d’emblée. En mars 2012, le tribunal de première instance de Tournai a rendu un jugement d’hébergement égalitaire. Très vite, la maman ne voulait pas me remettre ma fille à l’heure prévue et la petite a aussi fait des crises."

Son ex est partie vivre en France . "Elle n’a rien fait pour encourager notre fille à venir chez moi. Les critiques fusent : je la ferais nettoyer les toilettes et je n’aurais qu’une seule tenue pour elle, par exemple. "

Pendant quatre ans, tant bien que mal, Frédéric voit ses enfants. Nous sommes en 2016. Et le 15 avril, coup de théâtre. Son ex lui envoie un message. "Elle me dit qu’elle a récupéré notre fille à l’école et que les démarches nécessaires ont été effectuées afin qu’elle puisse la reprendre. Or, si une modification de l’hébergement égalitaire devait intervenir, il fallait trouver un terrain d’entente. Là, mon ex rompait le jugement et se mettait hors-la-loi. J’ai déposé plainte."

Le SAJ (service d’aide à la jeunesse) de Tournai est intervenu. Et c’est une phrase, dans la note de la déléguée du SAJ en juillet 2016, qui fait bondir Frédéric. La pilule ne passe pas.

"Il y est stipulé que c’était à ma fille de prendre sa décision de venir ou pas chez moi. Et que si ma fille ne se présentait pas chez moi comme prévu, il fallait que mon ex le signale à la police. Bref,, il y a eu un jugement, mais ça n’est pas grave, on donne tout pouvoir à un enfant de décider !, explique notre interlocuteur. Je trouve ça inimaginable ! En plus, un autre service mandaté par le SAJ est allé dans le même sens."

Il faut préciser que la jeune fille, entendue par le juge en juin 2016, avait souligné que depuis des années, elle souhaitait vivre auprès de sa maman et rencontrer son père moins souvent.

Mais pour Frédéric, on est en plein dans l’aliénation parentale, "le but étant de gommer l’autre parent de la vie de l’enfant".

Fin 2016, le tribunal demandait une expertise médico-psychologique. "Mais il disait aussi que, dans l’intervalle, la formule d’hébergement égalitaire devait être maintenue concernant nos deux enfants !"

Frédéric retrouvera le tribunal ce jeudi. Il ne sait plus vraiment à quoi s’attendre

À partir d’avril 2016, donc, il n’y aura plus d’hébergement égalitaire, du moins pour sa fille. Avec l’expertise mise en place en 2017, des rencontres seront à nouveau organisées, quelques heures par semaine. "Du rapport d’expertise, il ressort que la figure maternelle est trop présente et laisse peu de place à la figure paternelle. Ce n’est pas moi qui le dis. Il est indiqué que mon ex maintient dans la tête de notre fille qu’elle a l’âge de choisir chez qui elle veut aller alors que cet âge reste fixé à celui de la majorité. "

En février 2018, le tribunal rend un nouveau jugement. La justice fait aussi mention du refus de Frédéric d’accepter l’aide des services sociaux. On l’a dit, il ne digère toujours pas la phrase du SAJ. Le tribunal signale que l’enfant ne voit pas son père assez pour renouer un lien solide. "Mais il dit aussi que remettre en place un hébergement égalitaire serait contre-productif. Verdict : j’ai ma fille un week-end sur deux et la moitié des vacances ! Nous repassons devant le tribunal ce jeudi 13 . Je ne sais plus à quoi m’attendre. Je suis le méchant pour l’éternité."

À 45 ans, il dit vivre à 200 % pour ses enfants. Depuis février 2018, il revoit sa fille plus régulièrement. Avec des crises. " Encore durant les grandes vacances, mon ex n’a pas respecté les dates d’hébergement. Elle a voulu aussi la faire changer d’école. "

Au total, Frédéric aura déposé 19 plaintes en Belgique et 4 en France. "Début 2017, une représentante belge du ministère public m’informait par courrier qu’elle prenait contact avec le procureur de la République de Valenciennes pour faire entendre mon ex en qualité de suspecte d’infraction de non-présentation d’enfant. Et madame a été citée ! Vous vous rendez compte ? L’État français a réagi par rapport à des faits se déroulant sur le territoire belge. J’ai été invité à comparaître en tant que victime le 28 août dernier devant le tribunal correctionnel de Valenciennes. J’en suis ravi, mais qu’en penser ?", avance Frédéric .

En Belgique, il a interpellé le procureur du Roi, le ministre de la Justice aussi. "Même le Palais royal, qui m’a répondu. En 2017, j’ai saisi la commission de déontologie par rapport au SAJ. Plus de dix mois après, la commission n’a toujours pas rendu d’avis. Je pourrais me fatiguer. Mais je ne lâcherai pas. Il n’est stipulé nulle part que j’ai fauté

Secret professionnel

Nous ne connaissons pas Frédéric. Nous pouvons juste nous en faire une option ou à tout le moins vérifier ses dires par des écrits. Ce que nous avons fait. Nous avons aussi contacté le SAJ de Tournai à plusieurs reprises, via des appels téléphoniques ou des e-mails, pour avoir le ressenti de ses représentants. Au final, une réponse émanant du département aide à la jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles nous est parvenue. La voici. "Les règles de déontologie et le secret professionnel qui s’appliquent aux professionnels du secteur de l’aide à la jeunesse font que nous ne transmettons aucune information sur une situation individuelle."