Tournai-Ath-Mouscron

La division Contentieux de la direction générale Appui juridique et Médiation du ministère de la Défense a envoyé un courrier pas piqué des hannetons à la Ville de Tournai. Elle lui reproche "l'occupation illégale du domaine militaire" du Luchet d'Antoing.

L'offensive

La Défense souligne que diverses activités ont été organisées sur ce terrain alors que la commune de Tournai ne l'a pas avertie et "qu'aucune autorisation n'a été accordée à cet effet". Le 18 mars dernier, "une soixantaine de personnes aurait procédé à la plantation de dizaines d'arbres et arbustes".

"Mon département se réserve le droit de dresser le relevé des aménagements non autorisés et des dégradations qui ont été commis sur le terrain militaire et de réclamer à la Ville de Tournai la remise des lieux en leur pristin état", souligne le chef de la division Contentieux civil dans le courrier adressé à la Ville. 

La Défense accuse même la Ville de Tournai de l'avoir mise devant le fait accompli. Elle l'invite à signer la convention d'occupation provisoire du site, pour le bénéfice du comité de quartier souhaitant en faire un terrain populaire. En attendant, la Défense interdit toute manifestation ou activité quelconque sur ce terrain. Elle interdit également son accès à des personnes étrangères à la Défense. 

La contre-attaque

Le bourgmestre ff de Tournai et député fédéral Paul-Olivier Delannois (PS) rappelle qu'il y a un hic dans la convention d'occupation. "Il avait tout d'abord été convenu lors d'une rencontre dans les locaux de la Régie des bâtiments, en présence notamment des représentants des cabinets de la Défense et de l'Intérieur, que le terrain pourrait être occupé moyennant une rétribution financière à titre symbolique voire à titre gracieux. Or, la proposition de la Défense, outre le fait qu'elle s'adressait à la Ville plutôt qu'au comité de quartier, fixe un montant de 2.271€ par an."

Paul-Olivier Delannois invite de toute façon la Défense à s'adresser au comité de quartier si elle a des griefs à formuler. 

Il rappelle en outre que c'est la Ville de Tournai qui entretient depuis des décennies cet espace de 2ha, où le nouveau palais de justice ne sera finalement pas construit.

La Défense pourrait également, tant qu'à faire, envoyer un courrier aux jeunes du quartier leur interdisant de jouer au football sur la vaste pelouse, et aux écoles tournaisiennes interdisant aux professeurs d'éducation physique de fréquenter le terrain avec leurs élèves. Elle pourrait également envoyer une lettre à tous les Tournaisiens leur interdisant de mettre un seul pied sur la pelouse entretenue gratuitement par la Ville de Tournai. L'espace n'est en outre pas du tout identifié comme propriété de la Défense ou terrain militaire. 

Enfin, et c'est le plus étrange dans cette histoire, la situation semble être réglée. Le comité de quartier a même marqué son accord sur la proposition de convention.