Tournai-Ath-Mouscron

Il y a 35 ans que Jean-Pierre Jadot, syndicaliste très actif au syndicat Gazelco coupait un câble d’alimentation électrique dans une cabine de Ramegnies-chin lors d’une grève des services publics orchestrée par la FGTB et la CGSP contre les mesures du gouvernement Martens V. Le syndicaliste, pourtant malade et alité, avait été sollicité par deux policiers envoyés par l’ex-député François Dufour (décédé en 2014) alors vice-président de la CGSP.

En demandant à cet électricitien syndicaliste de commettre ce geste, les policiers -syndicalistes eux aussi- espéraient calmer la tension qui montait entre grévistes et non-grévistes dans l’entreprise Casterman. Sans électricité, il était, en effet, impossible de poursuivre le travail.

Le geste de Jadot entraîna cependant le déclenchement d’une autre cabine qui priva tout un quartier d’électricité.

L’employeur de Jadot, la société Ebes, estima que ce geste avait créé une situation dangereuse. Une plainte fut déposée. Deux jours plus tard, il était amené devant un juge, inculpé et placé au secret en prison pendant 5 jours. C’était là le début d’une longue bataille et de démêlés juridico-politiques qui s’éternisèrent.

Ses amis dirigeants syndicalistes passèrent d’amis à ennemis et le PS local, très proche du syndicat socialiste, lui tournent le dos. Les algarades n’ont pas manqué durant toute la période où il a fait face à la justice. Il y eu même une empoignade mémorable avec le député Dufour qui lui valut une nouvelle comparution devant le tribunal correctionnel.

Depuis 1982, Jean-Pierre Jadot a toujours fait front contre ce qu’il estime être une trahison, une dérobade des responsables politiques et syndicaux face à leurs responsabilités et leurs mensonges. Son combat n’a jamais cessé depuis, au point d’avoir eu le surnom de porc-épic.

À 76 ans, il est décidé à sortir prochainement un livre qui portera le titre Trahi par les miens. Jadot va balancer des noms et un système.

"Dans ce livre j’expliquerai comment et pourquoi je suis devenu syndicaliste. Et je dénoncerai les magouilles de ceux qui détenaient le pouvoir, car j’ai été victime de la divergence des intérêts du PS local et du capital. En 1979, j’étais électricien à la régie communale de Tournai. On parlait que nous allions être privatisés avec EBES société flamande d’électricité, j’ai alors créé le syndicat. Nous nous sommes affiliés à la CGSP secteur Gazelco," explique-t-il .

"J’ai refusé un poste d’adjoint de direction lors du rachat. Et les ennuis ont commencé. Au cours du procès suite à mon licenciement, Electrabel a proposé à mon avocate quatre millions de francs belges (100.000€) pour arrêter toutes les procédures. J’ai refusé cette transaction car j’ai répondu que je n’avais pas fait du syndicalisme pour m’enrichir. Au vu de ce qui se passe je reconnais que j’ai été un con. J’ai compté que j’ai perdu au total près de 375.000€."