Tournai-Ath-Mouscron Entre 2010 et 2016, le nombre des revenus d’intégration sociale (RIS) octroyés a augmenté de 50 % !

Le nombre d’octroi du revenu d’intégration sociale (RIS) est devenu le baromètre de la pauvreté. Et il augmente d’année en année à Tournai.

En 2010, le CPAS enregistrait une moyenne de 1.004 RIS octroyés par mois. En 2015, cette moyenne grimpait à 1.484 RIS. Et ce nombre a encore cru au cours de l’année 2016 pour atteindre 1.566 bénéficiaires en juillet 2016.

Ces seuls chiffres permettent de montrer que la population s’appauvrit rapidement à Tournai. Pis même : un RIS sur deux est octroyé à un homme ou une femme dans la tranche d’âge des 18-34 ans !

Les causes sont multiples : l’exclusion du droit aux allocations de chômage, le manque d’opportunités d’emploi dans la région…

"Je suis d’un naturel optimiste mais cette situation me tracasse énormément", souffle la présidente du CPAS Rita Leclercq-Desenclos (PS). "Avant la crise économique d’il y a 10 ans, j’avais un noyau dur de personnes pour qui il était difficile de les faire bouger. Ces personnes choisissaient d’être marginalisées. Le drame aujourd’hui est que nous octroyons de plus en plus de RIS à des jeunes qui sont motivés. Des jeunes parfois diplômés de l’enseignement supérieur. Des jeunes qui veulent travailler. Mais chercher un emploi coûte cher aussi. Il faut une voiture, le permis de conduire…"

Le CPAS tente d’aider ces personnes, avec une politique de réinsertion socioprofessionnelle et de soutien financier aux jeunes souhaitant suivre des études, mais ses moyens et son champ d’action sont limités. Le CPAS ne peut ainsi rien faire face au manque d’opportunités d’emploi et à l’inadéquation en termes de formation entre les demandeurs d’emploi et le marché du travail.

"Nous ne maîtrisons pas tous les éléments mais il faut continuer à se battre", insiste Rita Leclercq-Desenclos. "Et quand un jeune me dit qu’il n’a plus besoin du RIS parce qu’il a trouvé un emploi, cela me fait un bien fou. Ces petites choses me rendent mon optimisme."