Tournai-Ath-Mouscron Frédéric Lhernould est connu pour être l’homme à la roulotte. Du genre nomade, il ne quitte pas la région depuis un an

Frédéric Lhernould, 43 ans, est du genre nomade. Ce natif de Lille, ayant grandi dans l’Indre en France, a quitté sa région en 2003 pour voyager dans sa roulotte tirée par son cheval Cassius. "Comme le boxeur" , glisse-t-il.

Cassius est mort en 2010. Frédéric est rentré dans l’Indre. Puis il est reparti en octobre 2015. Depuis juillet 2016, il s’installe à trois endroits différents dans la région : le rond-point de la chaussée de Renaix à Kain, un terrain près de l’écluse à Kain, ou encore au Grand Large à Péronnes.

Frédéric est en ce moment installé chaussée de Renaix, sur un coin d’herbe, à l’entrée de l’autoroute vers Mons. À côté de sa roulotte, sa jument Perle, 13 ans, paît tranquillement. Derrière, des poules caquettent. L’une d’elles couve.

À l’intérieur de la roulotte, une petite table et deux chaises, un fauteuil, un téléviseur au bout du lit et un frigo qui fonctionnent grâce à l’énergie solaire.

La roulotte est colorée aussi. Très colorée. "Pour moi, une roulotte doit avoir de la couleur, des vitraux, une porte à l’avant vers la route… Comme une invitation aux gens. La porte n’est pas fermée à clé. Je fais confiance aux gens. Et puis, de toute façon, il n’y a rien à voler. J’aime bien ma roulotte. O n a le temps de voir les paysages."

En France , Frédéric était ambulancier-brancardier. "Mais avoir un patron, ça ne me plaisait pas. Je ne viens pas d’une culture manouche ou des gens du voyage, mais je suis un anarchiste. Et bosser 40 ans pour profiter de son argent pendant 15 ans ? Non merci ! Je ne gagne pas des mille et des cents, mais je ne suis pas maigre, je ne manque de rien. Mes animaux non plus. Je n’ai pas d’adresse, même pas de sécurité sociale, pas de revenu du public, mais je ne veux rien. Comme ça, on ne peut pas me traiter de parasite."

Frédéric s’est aussi découvert un talent : la menuiserie. Il fabrique des objets en bois en récupérant des palettes.

Frédéric le nomade se plaît en Wallonie picarde. Il se sédentarise même. Il y est depuis un an. Il a participé à l’opération Noël en roulottes à Harchies, il sera présent lors d’une fête à Esquelmes en septembre, une autre à Rongy en octobre… Il fait de l’animation pour enfants en transformant sa jument en licorne, il propose du tir à l’arc pour enfants…

"Moi, je veux surtout de la liberté. Et ici, on me la laisse. Les gens sont sympa, les policiers aussi. On pourrait m’expulser des terrains où je m’installe, mais non. Des gens viennent me voir, ils me posent des questions. Des policiers s’arrêtent aussi pour me saluer, pour savoir si tout va bien, sans me demander ma carte d’identité. En France, cela serait quatre fois par semaine et on me demanderait à chaque fois mes papiers d’identité et les policiers auraient la main sur l’arme. Comme des cow-boys."

Et puis, Frédéric aime l’eau. Et par ici, il y en a plein. "J’aime bien piquer une tête au Grand Large à Péronnes ou dans l’Escaut à Kain. L’Escaut, c’est comme une grande baignoire avec des bateaux dedans. J’adore !"