Tournai-Ath-Mouscron Depuis 1982, le syndicaliste Jean-Pierre Jadot, qui a perdu son emploi suite à un fait de grève, continue son combat. Il va écrire un livre en réglant ses comptes avec le PS et le syndicat qu’il défendai. tVoici l'interview de Jean-Pierre Jadot qui n'a pas sa langue en poche.

Vous parlez d’un complot contre vous. Qui était derrière cela ?

"À cette époque, j’étais présent sur les listes électorales du Rassemblement wallon à Tournai. Je faisais un très beau score. Des policiers m’avaient averti que le pouvoir politique allait à tout prix essayer de m’éliminer. Peu avant, j’avais eu une réunion avec des responsables importants au PS de Tournai. Ces derniers m’ont fait comprendre que mon avenir serait au PS. Je n’ai pas répondu favorablement. Il faut aussi savoir que la plupart des syndicalistes de la CGSP étaient affiliés au PS qui avait tous les pouvoirs au sein du syndicat. J’ai payé cher ce refus.".

Vous semblez en vouloir aussi au milieu syndical qui vous a tourné le dos. Pourquoi ?

"Le problème de certains syndicalistes c’est d’être trop près de certains patrons. Je n’ai jamais promené avec la main dans la poche du pantalon d’un patron quel qu’il soit. Je ne mets pas tous les syndicalistes dans le même sac. J’apprécie, par exemple Robert Sénéchal, de la FGTB Métallos et Pascal Douliez de la CGSP qui n’hésitent pas à prendre leurs responsabilités face au pouvoir politique. Que dire aussi de l’attitude de mon organisation syndicale ? Lors de mes procès dans les moments importants au tribunal, les avocats qui devaient assurer ma défense n’étaient presque jamais présents. Après, le syndicat m’a coupé les vivres".

Personne ne vous a soutenu après vos déboires avec la justice ?

"Je ne crache pas dans la soupe, car si j’ai pu survivre, c’est grâce à Guy Spitaels et Eddy Moulin, qui m’ont reclassé aux Marronniers. J’ai aussi été aidé plus tard par l’ex-bourgmestre PS Christian Massy qui a pris mon épouse comme secrétaire à ses côtés au cabinet du bourgmestre. Dans une autre mesure Paul-Olivier Delannois (PS) a aussi ma confiance. Par contre, j’ai souvent écrit à Rudy Demotte pour mes fonctions de chef de sécurité et d’hygiène. Et j’attends toujours depuis des années sa réponse…"

Croyez-vous que le Parti socialiste à Tournai est toujours aussi influent ?

"Ne vous faites pas d’illusions rien n’a changé depuis 35 ans. Ils ont tous le cul dans le beurre et sont présents à tous les niveaux de pouvoir et pas seulement au niveau local. Dans l’affaire Publifin, aller dire que personne ne savait que dans nos intercommunales il y a des cumulards grassement payés est fort. Ne dites jamais cela à un cheval de bois. Il vous flanquerait une ruade.

Vous avez connu cela dans votre carrière ?

"Déjà en 1975, à Igeho (Intercommunale du gaz et de l’électricité du Hainaut occidental), des mandataires touchaient des jetons de présence et étaient absents."

Quelle est la solution que vous proposez ?

"Les mandataires qui cumulent : dehors ! Comment voulez-vous encore leur faire confiance ? Ils s’occupent surtout de leurs intérêts et profitent de leur situation pour accumuler des fortunes. De plus, ce sont des personnalités dangereuses, avec le droit de mort civile ou de cuissage de ceux qui contestent leur façon d’être. Ils sont capables de vous mettre un portefeuille dans votre poche et dire que vous l’avez volé. Je crois qu’on devrait donner le droit aux allocations de chômage aux déchus de la politique. Ils pourraient alors enfin comprendre les joies d’être chômeur. Concernant les intercommunales, les patrons privés paient les hommes politiques pour pouvoir continuer à exploiter leurs réseaux. Ce sont les politiciens, au final, qui signent les contrats."

Est-ce vrai qu’à 76 ans vous allez vous relancer en politique avec le PTB lors des prochaines élections communales ?

"Je n’en suis pas encore membre. J’assiste assez souvent à leurs réunions. C’est une tout autre vision de la société. Il y a de réels débats et les décisions sont prises ensemble. Cela n’est jamais le cas au PS. De plus, il y a une camaraderie qui me fait chaud au cœur. Ceux qui militent au PTB savent qu’il n’est pas question de s’enrichir. Le salaire d’un bon technicien comme pour les élus devrait être de maximum de 2.OOO € par mois. Ils militent comme je l’ai toujours fait, soit pour le bien-être des autres travailleurs et la population. Ils m’ont demandé souvent d’être sur leur liste. Mais comme mon épouse travaillait pour des mandataires PS, je n’ai pas accepté. Maintenant, c’est différent. Je suis prêt à appuyer leur liste. Si le PTB m’accepte, j’y serais. Mais alors gare au coup de bâton en retour. Je ne crains rien. Comme habitude, je pourrais y faire face. Et j’irais certainement demander pour vérifier les comptes du CPAS, où mon épouse travaille encore. On va rigoler."