Tournai-Ath-Mouscron

Alors qu’ils étaient attablés en terrasse d’un restaurant le 10 septembre dernier en compagnie de leur fille, leur beau-fils, leur nièce et d’enfants en bas âge, rien ne laissait présager que les agissements de Chantal et de Bernard allaient les conduire plusieurs mois plus tard à la barre du tribunal correctionnel.

En effet, le couple était ce soir-là exaspéré de devoir attendre pour être servi. Un contrôle était en réalité en cours par les inspecteurs du travail, ce qui avait fortement ralenti le service.

Las d’attendre, Bernard s’en serait violemment pris de manière verbale aux femmes qui étaient en charge du contrôle. Il les aurait également menacées.

"Je ne tente pas de justifier ce que j’ai fait mais il y avait beaucoup d’exaspération", assurait le prévenu à la barre.

Son épouse, souffrante, n’avait pas pu faire le déplacement. "Cela faisait très longtemps que nous attendions et les enfants devenaient difficiles. On a donc demandé à ces personnes de quitter les lieux. Je suis quand même étonné d’être seul présent ici alors qu’au moins huit personnes en ont fait de même. Quant aux menaces, c’est faux. Ce n’est absolument pas mon style."

L’auditeur du travail requerrait l’application de la loi pénale contre les prévenus. "Si le contrôle a mis du temps, cela n’est pas la faute des inspectrices mais bien du personnel,, qui éprouvait certaines réticences. Ensuite, les prévenus ont empêché la suite du contrôle. Ce dossier est particulièrement inacceptable."

L’avocat des prévenus, Me Beuscart, sollicitait la suspension du prononcé. "Un membre du personnel était venu voir mes clients ce soir-là pour leur expliquer que le service était interrompu par l’unique faute de ces contrôleurs. L’énervement est alors monté au fil de l’attente. Mon client n’a jamais cru faire obstacle au contrôle. Il n’a en tout cas jamais porté la moindre menace à ces personnes."

Le prévenu se voulait en tout cas clair. "Si une telle situation se reproduisait, je quitterais simplement les lieux…"