Tournai-Ath-Mouscron

C’est une bien triste affaire qui était plaidée ce mercredi matin. À 75 ans, Marianne (prénom d’emprunt) se retrouvait à la barre, où elle devait se défendre de prévention d’escroquerie et de vol.

La victime, décédée le 19 mars dernier, était en couple avec la sœur du mari de la prévenue. Après une violente chute, la victime, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer, avait dû être placée dans un home.

"La prévenue et son époux se sont accaparé le père de mes clients et l’ont rapidement coupé de sa famille, même si les relations n’étaient déjà pas au beau fixe", détaillait Me Graulich, conseil des enfants de la victime. "Depuis 2011, l’époux de la prévenue gérait tout pour lui. Il s’occupait de ses comptes, etc."

C’est le fils de la victime qui s’est rendu compte de la situation. Afin de protéger le patrimoine de son père, il s’est constitué partie civile. Plus de 160.000 € avaient été détournés. "De plus, quand la famille est venue récupérer certaines affaires, il leur a été interdit de faire le tour de la maison", précisait Me Graulich.

Marianne ne comprenait pas trop ce qu’elle faisait au tribunal. "Je ne me suis jamais fait remettre de sommes d’argent", assurait-elle. Et pour cause, c’est son mari, aujourd’hui décédé, qui s’était occupé de cela. Il faisait les virements vers son propre compte.

Le ministère public, qui ne se montrait pas opposé à la suspension du prononcé, assurait que Marianne n’avait jamais bénéficié de cet argent. "Par contre, c’est elle qui avait contacté l’antiquaire pour venir chercher les affaires de la victime avant le passage de la famille."

Pour Me Huez, conseil de la prévenue, ce n’est pas à sa cliente de payer les frais du comportement de son défunt mari. "De plus, les sommes détournées ont entièrement, voire bien plus, été remboursées." L’acquittement a été sollicité.